Maniema : "Dès que le pouvoir change des mains, vous devez être prudent en agissant", société civile au Maire adjoint suspendu

Ph . d'illustration d'une réunion du PPRD à Kinshasa

Les commentaires vont dans tous les sens à Kindu, capitale de la province du Maniema au lendemain de la suspension du Maire de la ville adjoint, Unganda Polimoya Octave.

Ce proche collaborateur d'Emmanuel Ramazani Shadary, Secrétaire permanent du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie, PPRD, a été suspendu le 10 août dernier par le Ministre provincial de l'Intérieur faisant office du Gouverneur intérimaire, Afani Idrissa Mangala.

Deux griefs sont mis à sa charge, à savoir :
"1. Détournement à des fins propres des éléments de la PNC par des ordres donnés au commandant de la ville de Kindu sans l'autorisation et à l'insu du Maire de la ville

2.Absence injustifiée et indisponibilité au service au profit des activités privées notamment politiques et ce, au grand préjudice de l'administration urbaine", mentionne l'arrêté de sa suspension parvenu à ELECTION-NET. Que cache cette suspension ?

Selon les informations recoupées par ELECTION-NET, les éléments de la police dont le Maire adjoint suspendu, est reproché d'avoir utilisé à ses propres fin des fonds qui avaient été affecté par ce dernier à la sécurité du Secrétaire permanent du PPRD, cité ci-dessus, durant son dernier et récent séjour à Kindu.

Dans une interview accordée à ELECTION-NET ce samedi 14 août 2021, le Coordonnateur provincial de la Nouvelle société civile estime que l'adjoint à l'autorité urbaine n'a pas su distinguer son parti politique et ses charges publiques.

"Quand on s'engage dans la carrière politique et qu'on devient une autorité politico-administrative, on doit savoir faire le distinguo entre les deux. Un acteur politique jouant le rôle d'une autorité politico-administrative, doit savoir qu'en tant qu'autorité politico-administrative, il a des restrictions, il a ce qu'il doit faire et ce qu'il ne doit pas faire. Mais néanmoins, le mal pour nous c'est que la plupart de nos autorités politico-administratives sont pistonnées par les acteurs politiques de grande envergure, et par conséquent, ils restent attacher à ces acteurs politiques parfois sans beaucoup raisonner, et c'est ce qui pose problème. Je crois que le maire de la ville adjoint est tombé dans la mauvaise catégorie. Il ne pouvait pas utiliser la police à sa propre guise pour les intérêts contraires à la législation en vigueur. Comment est-ce qu'il peut prendre la police qui est nationale, l'utiliser pour protéger les personnes non autrement identifiées par le pouvoir en place?", s'interroge Mukubwa Kastaime Mputu.

Politique de deux poids deux mesures ?

Il appelle cependant les acteurs politiques issus de l'ancien régime à savoir lire les signes du temps.

"Un autre aspect, c'est le côté social de la chose. Pour quelle personne a-t-il utilisé la police, pour une personne qui avait sonné pour qu'il puisse devenir Maire adjoint. Il n'avait pas de choix, il ne pouvait que faire ça, mais ignorant aussi que le pouvoir aussi a changé des mains, comme le pouvoir a changé des mains, il ne pouvait pas chercher à protéger le pouvoir qui est déjà en déliquescence en utilisant la police qui est au service d'un pouvoir en place…".

Et d'ajouter :

" La politique de deux poids deux mesures on peut toujours la peser. Elle est deux poids deux mesures par rapport à qui et comment elle est appliquée", poursuit-il.

À Mukubwa Kastaime Mputu de chuter :

" Quand un acteur politique accède à une certaine fonction, il doit être prudent, et même très prudent. Dès que le pouvoir change des mains, vous devez être prudent en agissant. Parceque ceux là qui sont au pouvoir actuellement, ne peuvent pas accepter que ceux qu'ils ont remplacé au pouvoir jouissent des mêmes prérogatives qu'eux".

Kilikumbi Lusumbasumba Isaac depuis Kindu

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