Maï-Ndombe : Un député provincial dénonce le rançonnage des agents de la force navale auprès des armateurs

Dans une lettre adressée au premier ministre et chef du gouvernement, dont la copie est parvenue à élection-net.com ce samedi 16 juillet 2021, le député provincial, Lebon Nkoso Kevani, élu provincial de la circonscription électorale de Kutu, monte au créneau et dénonce les abus qui se commettent par les agents de la force navale à travers certaines entités de la province du Maï-Ndombe, commençant par Kinshasa jusqu’à la ville d’Inongo.

” J’ai été saisi par quelques armateurs de ma province sur la tracasserie en terme des rackets dont ils sont victimes de la part des éléments de la force navale, communément appelés Marins. Une pratique qui a élu domicile depuis la deuxième République, exacerbée à outrance pendant le régime précédant et se perpétue en toute impunité jusqu’à ce jour alors que ce sont ces armateurs avec leurs baleinières qui approvisionnement la ville province de Kinshasa en denrées alimentaires “, a-t-il précisé.

“( … ) Dans le cadre des vacances parlementaires, j’ai été contraint de m’embarquer dans une baleinière, de Kinshasa jusqu’au territoire de Kutu en la province du Maï-Ndombe aux fins de palper du doigt cette réalité. Je peux alors vous admettre en toute objectivité que les armateurs du Maï-Ndombe naviguent sous une très forte pression infernale imposée par la force navale qui leur exige en moyenne 10 000Fc plus 5 litres d’essence par baleinière et par poste”, a-t-il dit.

Et d’ajouter :

“Pour ce faire, plus de quinze postes de la force navale ont été érigés partant de Kinshasa jusqu’au chef-lieu de la province du Maï-Ndombe. Une situation qui constitue un goulot d’étranglement pour les armateurs du Maï-Ndombe. Voilà l’une des raisons de l’augmentation de prix des produits agricoles aux ports de la ville province de Kinshasa.

” Toutefois, le questionnement à relever ici est relatif à la pertinence de la présence de la force navale dans les rivières de la province du Maï-Ndombe, que fait-elle exactement ? La force terrestre interfère-t-elle dans le travail de la police de roulage ? Pourquoi la force navale doit-elle interférer dans ce que fait la police fluviale ? Cette dernière, non seulement est présente à chaque poste, mais elle est aussi le service habilité à contrôler et à rechercher des infractions commises par les armateurs, interdit même la police fluviale d’exercer ses prérogatives lui dévolues”, s’interroge-t-il.

De tout ce qui précède, ce représentant du peuple Maï-Ndombien demande d’une part au premier ministre et chef du gouvernement de bien vouloir prêter une attention particulière aux cris d’alarme de ces armateurs, compatriotes congolais et d’autre part, d’instruire le ministre de la Défense qui le lit en copie à rappeler à l’ordre la force navale de la province du Maï-Ndombe sur son télescopage avec la police fluviale. Car, l’une a pour mission à caractère militaire pour défendre l’intégrité territoriale en faisant des patrouilles sur le fleuve ; et l’autre a pour mission à caractère policier, relative au respect du code de navigation et à l’appréhension des embarcations non en règle de naviguer. D’où, les compétences de l’une et de l’autre sont distinctes, conclu il.

Pour rappel, Kinkole, Nganda Musole, Ngamanzow, Maluku, Mambutuka, Nkana, Empunu, Mfumunzale, Kwamouth, Lodiba, Mabra, Mushie, Nzokele, Nioki, Kutu et Inongo sont des postes mieux identifiés ou les montants y afférents que débourse chaque armateur, hormis toutes les formalités d’usage aux différents postes de la DGM et commissariat fluvial.

Il y a lieu de noter que tout ce que rançonnent les éléments de la force navale auprès des armateurs n’entrent pas dans le trésor public mais plutôt dans leurs propres proches.

Skull Mabala à Inongo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *