Kinshasa : « Vous n’êtes pas sérieux (…) », Martin Fayulu aux policiers

Comme ils avaient annoncé, les opposants Martin Fayulu et Adolphe Muzito ont effectivement marché ce samedi, 24 Avril 2021 dans les rues de Kinshasa pour dénoncer les massacres des populations civiles dans la partie Est de la République Démocratique du Congo et, notamment au Nord-Kivu.

Et pourtant interdite par l’hôtel de ville, cette manifestation a débuté à Pascal dans la commune de N’djili. Arrivé vers le marché de la Liberté, la police qui avait reçu l’ordre de disperser cette marche du fait que le Gouverneur n’avait pas pris acte indiquant que ce rassemblement augmenterait le tôt de contamination de la Covid 19, a contraint les deux leaders de remonter à bord de leurs jeeps et a dispersée la foule à coup des gaz lacrymogènes.

Agacé, l’ancien candidat président de la République, Martin Fayulu a fustigé le comportement des forces de l’ordre déployés pour maintenir l’ordre dans cette partie de la capitale congolaise. « Vous n’êtes pas sérieux » a lâché Martin Fayulu avant de remonter sur sa jeep, forcé de regagner son domicile à Gombe sous escorte policière.

Certains cadres de Lamuka notamment Serge Welo, le député nationale Ados Ndombasi et autres manifestants, ont été brutalisés par la police.

«Nous avons écrit à l’autorité de la ville deux semaines bien avant, nous sommes arrivés sur le terrain pour soutenir nos frères de Beni, Butembo, Ituri qui sont massacrés. Nous avons dit ce n’est pas une marche politique mais pourquoi réprimer les gens autant ? Nous allons encore marcher prochainement. Félix Tshisekedi est un dictateur, nous allons le combattre comme tel, il n’est pas différent de Kabila », a dénoncé Prince Epenge, proche de Fayulu.

Lamuka donne rendez-vous dans les prochains jours pour une marche de soutien aux congolais vivant dans la partie Est, où des tueries à répétition ont lieu.

Il faudrait également signaler que bon nombre des manifestations présentées comme étant membres de Lamuka ont marché dans quelques agglomérations du pays pour la même cause. En milieu de semaine, le chef de l’État congolais, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo annonçait, en marge de la visite de son homologue Kenyan à Kinshasa, Uhuru Kenyatta, le déploiement des militaires de ce pays pour mettre fin,aux côtés de l’armée congolaise, à ces massacres.

Theo Liko