Kinshasa : l'ACAJ invite le Gouvernement à stopper le kidnapping dans la ville

Georges Kapiamba, président de l'Association congolaise pour l'accès à la justice (ACAJ) . Ph.Théo Liko/ ENET

L'association congolaise pour l'accès à la justice ( ACAJ ) a, au cours d'une conférence tenue ce mardi 8 septembre en faveur des victimes de kidnapping particulièrement des femmes et jeunes filles dans la ville de Kinshasa, appelé le gouvernement à prendre ses responsabilités pour garantir la sécurité des kinois et leurs biens.

D'après Joséphine Mbela chargé des plaidoyer auprès de l'ACAJ" Nous avons déjà enregistré depuis 2017 plus de 127 cas de kidnapping à Kinshasa accompagné de violences infligées aux victimes. Les victimes sont soumises à la torture et aux menaces de mort, de viol, étranglement pour les obliger à donner leurs biens, avant d'être relâché" a-t-elle relaté.

Pour Joséphine Mbela, " ses victimes n'ont jamais eu accès à la justice, ni accompagnement psychosocial. Les présumés auteurs qui se font arrêter, sont généralement remis en liberté contre la perception des frais de cautionnement ou d'amande de frais sans être passé devant un tribunal pour le jugement. Certains malfaiteurs, bénéficient d'une liberté conditionnelle sans la mesure de suivi dans la société, et c'est ainsi que ce phénomène s'est développé."

Joséphine Mbela chargé de plaidoyer copyright election-net/Théo Liko

En effet, " les agents de l'ordre et de la justice ne reçoivent pas des moyens logistiques et financiers nécessaires pour traquer avec efficacité les criminels."

"Les enquêtes que mènent la police et la justice ne sont pas informatisé pour créer une banque de données et des fichiers sur chaque criminel et les surveiller régulièrement" renchérit J. Mbela.

Pour ce faire, l'ACAJ dénonce l'indifférence du gouvernement de ne pas soutenir les victimes et recommande au chef de l'État de veiller à ce que ''la protection de toutes les personnes et leurs biens soient assurée et en particulier les femmes et les jeunes filles".

Au gouvernement de la République de donner aux forces de l'ordre et à la justice les moyens logistiques et financiers nécessaires à l'accomplissement de leurs missions, et mettre en place un mécanisme d'alerte de soutien psycho-médical et financier au bénéfice des femmes et jeunes filles victimes de kidnapping à Kinshasa et à travers tout le territoire national ; d'accélérer les délivrances de permis de conduire, de sécuriser et d'assurer que seuls les chauffeurs formés dans un centre agréé pourront en bénéficier.

Au gouverneur de la vile de Kinshasa, de faire identifier tous les chauffeurs et de numéroter de manière indélébile tous les taxis, taxis bus et taxis motos, mais aussi de faire créer des parkings.

À la justice et à la police, " de se mobiliser davantage dans la lutte contre ce phénomène tout en mettant en place une banque de données et des fichiers de tous les criminels afin de prévenir toute liberté provisoire ou conditionnelle non encadrée et suivie''.

Aux victimes, de dénoncer tout kidnapping auprès de la police et alerter l'ACAJ au numéro +243 847 003 793.

Plusieurs personnalités ont pris part dont la députée Nationale Christelle Vuanga qui a demandée aux femmes de faire du sport pour se défendre en cas d'enlèvement et le journaliste de Top Congo FM Cyrille Milandu a aussi plaidé au manque d'électricité, une des causes de kidnapping.

Par ailleurs, les autorités tant policières que juridiques qui ont pris part, ont demandé à ce que les victimes fassent confiance à la police et à la justice.

Théo Liko