Kinshasa/Grève des transporteurs : Le Ministre provincial des Transports indexé

Les chauffeurs des transports en commun ont grevé ce lundi 12 juillet 2021 dans la capitale Kinshasa. Une situation qui a pénalisé les habitants de la capitale dont la plupart n’a pas pu se déplacer pour rejoindre leur travail en ce début de semaine.

Contactés par Election-net.com, les chauffeurs ont indiqué cette grève est une façon pour eux d’exprimer leur ras le bol sur les tracasseries policières dont ils font l’objets. Une situation qui est, d’après ces derniers, entretenue par le commissaire de la police ville de Kinshasa, le général Sylvano Kasongo mais aussi et surtout le ministre provincial des Transports de Kinshasa.

« Nous avons décidé de ne pas travailler parce que nous sommes tout le temps sujet de tracasserie de la part des policiers. Chez eux, infraction ou pas on t’arrête, même si tu as tous les documents au complet. Outre cela, cette histoire de cache-nez. Au lieu d’arrêter ceux qui manquent de cache-nez dans les bus, eux nous arrêtent pour une amande d’environ 100 000FC. Encore pire, ils ont embauché des maîtres sportifs en tenues civiles et autres éléments de la police pour traquer les receveurs même dans le bus », a réagi un conducteur de transport en commun au niveau de pont Matete.

Le ministre provincial des Transports a également sa responsabilité dans cette situation, estiment les chauffeurs. Le contrôle de routine qui se faisait après un mois ou deux, se fait après deux ou trois jours voire même après une semaine, dénoncent-ils.

« C’est aussi les actions du ministre provincial de transport qui nous agace. Depuis qu’il est à ce poste, son travail ne se limite qu’au contrôle à tout moment. Souvent cela se fait après un ou deux mois, mais avec lui c’est tous les 3 jours voir toutes les semaines. Le pire dans tout ça, est que si le contrôleur entre dans le véhicule, que tu sois en ordre ou pas, il crée une infraction pour te soutirer de l’argent, voir t’arrêter ans raison. Que ce soit eux ou les policiers s’ils nous arrêtent, leur but est de nous dépouiller de tout l’argent avant de nous lâcher », indique un chauffeur approché par Election-net.com.

Par ailleurs, les conducteurs des véhicules de transports en commun ont aussi dénoncé une sale besogne mise en place par la police de circulation. Cette dernière, après avoir raquetté les chauffeurs, utilisent ces sommes d’argent pour différentes cotisations entre agents de l’ordre.

« Il y a de ceux-là même qui, à la fin d’une journée comptent près de 1 000 000 FC et se les partagent à ciel ouvert. Quant au ministre de transport, il a installé des mini-bureaux dans chaque sous-ciat pour recueillir l’argent récolté par ses contrôleurs. Donc lui et le général Kasongo savent ce qui se passent mais tellement que ça leur profite, raison pour laquelle il n’y a pas de solution. Nous avons agi ainsi pour faire entendre notre inquiétude auprès des autorités nationales afin que solutions soit trouvée », a expliqué un chauffeur.

Les chauffeurs déplorent, enfin cette frustration dont ils sont objets de la part des agents de l’ordre.

« On vit comme des étrangers dans notre propre pays, on travaille dans la peur parce qu’on ne sait pas quand ils vont débarquer ».

Theo Liko

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