Kinshasa/festivité de Noël : le désespoir des vendeurs et clients

Des préparatifs pour la célébration de la fête de noël à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

La festivité de Noël semble timide à Kinshasa. Lors de la ronde effectuée par Election-net.com ce 24 décembre au sein du Marché Central de Kinshasa, les vendeurs ont déclaré que la vente est timide par rapport à l'année passée, malgré la présence des plusieurs personnes dans les magasins.

" La vente est très timide, nous ne vendons pas comme d'habitude. La plupart des gens que vous voyez, viennent à 4, 3 ou 5 pour n'acheter généralement qu'une seule marchandise . D'autres viennent, une minute après, ils partent. Par rapport à la Noël de l'année passée, précisément à la date du 24, je ne pouvais pas me reposer comme je le fais maintenant", a déclaré un vendeur rencontré dans un magasin sur l'avenue Itaga.

Pour Silvie Makiese, une vendeuse des ballerines, les coûts restent les mêmes. Il se pose un problème de la part des clients. Lorsqu'ils demandent les prix d'une marchandise, ils négocient à un coût trop bas.

"On calcule nos prix de vente par rapport à nos prix d'achat. Nous n'exagérons pas avec les prix car nous maîtrisons la situation sociale dans laquelle nous nous trouvons. Déjà en Turquie, 1kilos de la marchandise vaut 10$ pour le transport. Donc les prix des vêtements sont abordables, nous n'exagérons pas. Il n'y a juste pas circulation d'argent raison pour laquelle il n'y a pas vraiment de vente", ajoute-t-elle.

La situation sociale à la base

" Nous voir ici nombreux, ce n'est que question de sacrifice pour nos enfants. Personnellement, je viens de Kisantu jusqu'ici pour acheter des vêtements et chaussures pour mes enfants mais je n'ai pas pu. Je croyais avoir assez d'argent vu que j'ai touché à mes économies mais malheureusement je n'ai acheté que les vêtements pour les uns et des chaussures pour les autres vu le taux du dollar américain", a indiqué une cliente venue du Kongo Central.

Et d'ajouter :

"L'argent ne circule presque pas, nous souffrons énormément".

Quand la covid19 s'en mêle

Pour Gladys Matondo, la Covid-19 a tout gâché. "Certains parents ont perdu leur emploi mais malgré cela, les enfants vont quand même fêter", lâche-t-elle. Avant d'ajouter qu'ils vont se rendre à l'église et au retour prendre des photos.

"Moi personnellement, je suis venue ici que pour acheter des fantaisies des enfants. Elles ne mettront que des vêtements de l'Eglise, pas d'autres choix pour cette année", indique-t-elle.

Notez que la crise actuelle a affecté la vente des marchandises pour les festivités de fin d'année suite au manque des moyens financiers. La pandémie de coronavirus ayant affecté les économies mondiales et la RDC n'est pas épargnée.

Bénédicte Matondo