Kindu : le décalage de l’heure du démarrage du couvre-feu réclamé par la NDSCI

Maître Michel Kasonda, Président NDSCI-Maniema/photo Isaac K.

Les réactions se multiplient à Kindu, capitale de la province du Maniema, au lendemain de l'annonce de la mesure décrétant un couvre-feu de quatre jours, par le Ministre provincial du Budget, Transport et Voies de Communication, Petites et Moyennes Entreprises, Artisanat, assumant l'intérim du Gouverneur intérimaire en mission de service au Sud-Maniema.

Dans une interview accordée à election-net-com ce vendredi 09 juillet, le Président provincial de la Nouvelle dynamique de la Société civile (NDSCI-Maniema), fustige la non préparation de la population sur cette mesure annoncée quelques heures avant sa mise en œuvre. En sus, Il redoute des conséquences fâcheuses sur le vécu quotidien de la population.

"C'est une bonne idée jusque-là, mais il fallait tenir compte d'un certain nombre de conditionnalité. Nous sommes entrain de nous demander, est-ce que la population de la ville de Kindu a été préparée pour ça ?", s'interroge Maître Michel Kasonda.

À lui-même de répondre : "nous disons non, la population n'a pas été préparée. On a décrété quatre jours pour le couvre-feu, il fallait que la population soit préparée pour ça. Parce que, s'il faut évaluer le premier jour de ce couvre-feu, il y a des conséquences très fâcheuses. Il y a des mamans qui vendent leurs marchandises à partir de 18 heures jusqu'à 21 heures… Nous avons été surpris de cette mesure prise par le Gouvernement provincial. Nous de la Nouvelle Dynamique de la société civile, nous fustigeons cette état des choses…", a-t-il déclaré.

Et de poursuivre :

"Nous sommes contre des surprises. Il faut que le Gouvernement provincial réfléchisse sur base des textes, sur base des lois qui existent depuis longtemps. Le Président de la République avait déjà décrété le couvre-feu, il faut qu'on aille l'habitude de se référer à certains textes, à certaines lois pour éviter des surprises et pour éviter aussi des conséquences fâcheuses sur le plan social".

Pour lui, " 20h00’ (heures locales) c'est très tôt. La population n'a pas été préparée, et ce n'est pas à 20 heures où on peut appréhender les criminels. Même pendant les jours on peut appréhender les criminels".

Il demande en effet le décalage d'une heure du démarrage de cette mesure sécuritaire, qu'il juge d'ailleurs, "salutaire".

"Le Gouverneur doit revenir sur cette décision, il doit la revoir. Le Chef de l'État avait déjà décrété de telles mesures, alors la province ne peut pas déroger, on ne peut pas faire exception par rapport à ce qui a été déjà fait. Donc, qu'il revienne pour dire que ce n'est plus à 20 heures, au contraire c'est devenu de 21 heures jusqu'à 5 heures. Il doit se référer à tout ce qui a déjà existé pour ne plus créer ce que les gens ne comprennent pas. Cette décision ne se réfère presqu'à rien. S'il faut évaluer le premier jour de cette mesure, la population n'a pas été contente", a chuté le Président provincial de cette structure citoyenne.

Pour rappel, le Gouvernement provincial a, après réunion du conseil provincial de sécurité, décrété un couvre-feu de quatre jours dans la ville de Kindu, à partir du jeudi 08 au lundi 12 juillet. Elle commence à 20h00' pour se terminer à 5h 45 minutes. Elle a pour objectif de démanteler tous les réseaux des malfrats qui sèment terreur et désolation dans la ville.

Kilikumbi Lusumbasumba Isaac depuis Kindu

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