Kindu : le bilan de 11 jours du couvre-feu exigé

Vue aérienne d'un espace public aménagé à Kindu, photo tiers

L'embarras y règne depuis ce lundi 19 juillet dans le chef de la population de la ville de Kindu, capitale du Maniema. À la base, le silence des autorités provinciales du Maniema après l'expiration ce lundi 19 juillet de la mesure du couvre-feu décrété d'abord pour 4 jours le 08 juillet, puis prolongé le 12 juillet pour une semaine. Aucune communication faite jusque-là par le gouvernement provincial. Difficile de savoir si le couvre-feu se poursuit ou pas. Cette situation inquiète les activistes des droits de l'homme et les organisations de la société civile.

C'est le cas de la Nouvelle dynamique de la société civile, NDSCI-Maniema. Dans une interview accordée à election-net-com ce mardi 20 juillet le Président provincial de cette organisation citoyenne fustige ce silence coupable de l'exécutif provincial et l'appelle à rendre compte à la population.

" Depuis 11 jours la population Kindusienne a été soumise à un régime inhabituel, celui de couvre-feu. Et nous nous avons dit que c'était une mesure prise par surprise, avec précipitation. Le délai a expiré, on attend du gouvernement provincial une communication concernant cette mesure, mais rien n'a été fait. Voilà pourquoi nous de la Nouvelle dynamique de la société civile, nous appellons les autorités qui ont pris cette décision à nous présenter le bilan des activités menées pendant cette période de 11 jours. Parceque jusqu'au jour d'aujourd'hui, la population est entrain de décrier un tel comportement de la part des autorités qui ont pris cette mesure sans que la population soit avisée en avance", a déclaré Maître Michel Kasonda, Président provincial de la Nouvelle dynamique de la société civile.

Pour lui, plusieurs dérapages ont émaillé l'application de ce couvre-feu.

"Si il faut que je puisse donner une évaluation, la population n'a pas été vraiment tranquille. Il y avait des dérapages liés à ce couvre-feu", dit-il. Il parle notamment des téléphones, argent ravis par les éléments de la police aux citoyens croisés sur leur chemin de patrouille.

Bilan négatif

"Qu'il nous donne le bilan, qu'il soit négatif ou positif, c'est un bilan. Nous de la Nouvelle dynamique de la société civile nous avons une mauvaise impression par rapport à ce qui a été fait. Selon nous, nous disons que le bilan est négatif. Jusque-là on ne sait pas pourquoi les autorités se réservent, elles étaient trop pressées pour prendre cette mesure, mais pour donner le bilan, rien n'est pressé jusque-là", a-t-il martelé.

Et de poursuivre :

"(…) Nous nous sommes entrain de vivre auprès de la population, nous sommes entrain de voir ce qui se passe. Au lieu que les autorités se donnent à sécuriser la population, la population était par contre insécurisée… Nous avons vu des gens qui ont été blessés pendant cette période Parcequ'il y avait des tracasseries par-ci, par-là".

"Je veux demander aux autorités de faire mieux prochaine, de préparer les éléments qui sont appelés à sécuriser la population, de faire un couvre-feu digne de ce nom. Donc, La plus grande responsabilité revient aux autorités qui n'ont pas su préparer les éléments, même si ils les ont préparé, il faut qu'ils fassent le suivi pour que la population se sente sécuriser. Si nous ne sommes pas sécurisés par eux, qui viendront nous sécuriser", s'est-il enfin interrogé.

Kilikumbi Lusumbasumba Isaac depuis Kindu

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