Kasaï: le ministre provincial Jean Kabamba suspend le magazine Assemblée Populaire

Un journaliste revendiquant la liberté de la presse. Photo de tiers

Le ministre provincial jean Kabamba a décidé de suspendre le magazine Assemblée Populaire présenté par Mathieu Manassé à la Radio Soleil de Tshikapa, pour une durée indéterminée, au motif que le présentateur de l’émission devait avoir avis avant de reprendre la diffusion de l’émission.


Face aux irrégularités et autres vices de forme observés dans la suspension d’Assemblée Populaire, le journaliste André Mushongo observe que la décision a été prise dans la précipitation par le ministre d’un gouvernement déchu.

En effet, la lettre devait être adressée au directeur de programme et non aux journalistes. Car, il appartient au directeur de programme de présenter le cahier de charges de l’émission auprès de l’autorité compétente.


De plus, une émission ne peut être suspendue pour une durée indéterminée sans la moindre explication.


André Mushongo signale également qu’«il ne faut jamais parler de la déontologie, sans préalablement parler de l’éthique du journalisme. Il faut faire attention aux mots éthiques et déontologie. Ils sont différents mais se complètent. Ils font partie de la théorie des obligations morales qui régissent une profession.»


Le journaliste relève une contradiction : la lettre est adressée au directeur de la radio pendant que ce sont les journalistes qui sont invités de se présenter au ministère.


Exiger aux journalistes de venir avec leurs cartes professionnelles, relève de la compétence d’abord de l’Union nationale de la presse du Congo (Unpc) et de la justice, note André Mushongo sur sa page Faccebook.
Le seul organe habilité à suspendre une émission, est le Conseil supérieur de l’audio-visuel et de la communication (Csac). Agir autrement, est une anarchie, signale le journaliste.


Joint au téléphone, nullement abattu, Mathieu Manassé a promu de réagir prochainement.
Le ministre jean Kabamba pour sa part, confirme que cette décision a été prise au cours d’un conseil des ministres au regard de dérapages et messages de révolte distillés par le présentateur contre les autorités au cours de son émission.


Le gouvernement provincial accuse également le magazine Assemblée Populaire d’avoir poussé la population à venir nombreux à la plénière qui a consacré la déchéance de l’ancien gouverneur.


JEAN-LUC BAKAMPENDA, depuis Tshikapa