Journée mondiale des toilettes : Kinshasa, entre crise sanitaire et insalubrité!

Vue d'une toilette dans un quartier de la ville de Kinshasa ©Ph Eunice Luyeye /Enet

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La journée mondiale des toilettes célébrée chaque année le 19 novembre prend pleinement son sens en cette période de crise sanitaire qui sévit la planète entière.

En République démocratique du Congo, notamment à Kinshasa, la ville considérée comme l’épicentre de la Covid-19, les mesures de renforcement sanitaire doivent être fortement prises en considération. Mais force est de constater que l’hygiène laisse à désirer.

Quid des toilettes publiques ?

Odeur nauséabonde, cuvettes bourrées de matières fécales, pénurie d’eau, de savon et de gel hydroalcoolique , …sont bien des caractéristiques que l’on retrouve dans les toilettes publiques situées au marché entre les avenues Révolution et Masengi, dans la commune de Bumbu.

Certains vendeurs du marché se trouvant aux alentours, y vont faire leurs besoins estimant qu’ils n’ont pas d’autres choix.
D’autres par contre, se plaignent de cette situation et s’abstiennent de s’y rendre par peur d’attraper des maladies.

« Les conditions d’hygiène de ces toilettes ne sont pas réunies, elles sont déplorables. Si vous entrez à l’intérieur, vous ferez ce constat. Il y a la saleté, beaucoup de mouches et de moustiques. Nous sommes vraiment exposés à des maladies»; se plaint Léon, un vendeur

«Je n’ose même pas mettre les pieds dans ces toilettes. L’insalubrité constatée là-bas peuvent nous exposer à des maladies telles que la typhoïde, la malaria, peut-être aussi le coronavirus»; explique un autre vendeur du coin.

Entretenir les toilettes comme il se doit afin d’échapper aux maladies

Toujours sur l’avenue Masengi, dans la commune de Bumbu, nous avons trouvé d’autres toilettes publiques digne de ce nom. Dans ces toilettes par contre, l’entretien est pris au sérieux.
Il y a un dispositif de lavage de mains, du savon, et l’agent d’entretien qui nettoie fréquemment le lieu.

«Nous faisons l’entretien de ces toilettes trois fois par jour. Vers 6h, nous les nettoyons avec du javel et d’autres produits de nettoyage. Nous répétons le même exercice à 12 et à 16h. Nous agissons ainsi pour éviter certaines maladies. Plusieurs personnes viennent en ce lieu, il est donc important d’en prendre soin»; explique Maneka, gérant principal desdites toilettes

Par ailleurs, les efforts d’entretien consentis au sein des toilettes publiques se trouvant à Binza-Delvaux, non loin de la maternité, ne sont malheureusement pas suffisants. Bien que l’on trouve un dispositif de lavage de mains, il y a ni savon ni gel hydroalcoolique.
En outre, deux locaux sont restés fermés pour cause de bouchage de toilettes laissant entrevoir des matières fécales.

Dans ce contexte de crise sanitaire, l’insalubrité constatée au sein des toilettes publiques à Kinshasa est inquiétante.
L’annonce de nouvelles restrictions contre la deuxième vague de la Covid-19 prévue ce vendredi 20 novembre 2020, apportera peut-être une atmosphère plus rassurante. Pendant ce temps l’UNICEF indique que 12% de la population continue à déféquer à l’air libre malgré toutes les conséquences néfastes sur la santé des enfants.

Eunice Luyeye