Jeux de la francophonie 2022 : Kinshasa sous un flot de révélations accablantes

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Un rapport interne de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) confirme les terribles travers de la nouvelle administration congolaise sous le président Félix Tshisekedi et déclenche une tempête de méfiance, une année avant l’organisation des IXes Jeux de la Francophonie de 2021 reportée en août 2022.

Alors que se profilent en août 2022 l’organisation de Jeux de la Francophonie à Kinshasa, en République Démocratique du Congo, les révélations se suivent sur le mode de gestion des fonds dans les préparatifs. Le rapport de l’OIF rendu public le 15 juin et parvenu également à la rédaction d’ELECTION-NET.COM évoque notamment des dépenses “non justifiées” ainsi “qu’un manque de transparence” dans la gestion des fonds.

Un dysfonctionnement délirant, note le rapport, qui énumère de nombreuses irrégularités dans le dispositif d’accompagnement installé par le chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo pour coordonner les activités aux préparatifs de jeux de la francophonie.

Selon toujours ce rapport, qui accable les proches du président Tshisekedi donne, une nouvelle fois, une dimension saisissante des travers de corruption et détournement des fonds avérés. Des surfacturations délirantes, à titre d’exemple, le contrat portant sur la construction du village des jeux. Initialement budgétisé à 41 millions de dollars, son coût a littéralement explosé pour s’envoler à 113 millions de dollars.

”En avril, plusieurs mouvements financiers avaient déjà alerté l’OIF. Didier Tshiyoyo avait ainsi retiré en son nom propre d’importantes sommes en espèces de comptes ouverts au nom du CNJF . « Il pourrait être utile de préciser et de communiquer le numéro du compte bancaire dédié aux IXe Jeux de la francophonie », révèle l’expert financier de l’OIF.

Une maffia organisée

Outre cela, toujours dans le même rapport, le CNJF fait état de 961.000 dollars de dépenses, un montant qui « n’est pas justifié au vu des activités très réduites menées par le CNJF » selon l’OIF.

Le CIJF se dit très préoccupé par la gestion et l’organisation du CNJF qui « reste fragile et manque de maîtrise ». Les retards importants déjà enregistrés « risquent d’entamer désormais la qualité du dispositif organisationnel », note le rapport.


Selon les auditeurs financiers, la plupart des documents ne sont pas paraphés et incomplets. Aucun des contrats signés par Didier Tshiyoyo ne comporte la mention « approuvé par la direction générale des marchés publics ».

La réhabilitation du stade Tata-Raphaël, pour un montant de plus de 11 millions de dollars, confiée au consortium de l’Alliance des bâtisseurs congolais (ABC), n’échappe pas à la règle. Les délais d’exécution ne sont le plus souvent pas précisés, laissant craindre des retards importants. Le CIJF ne dispose pas de termes de référence ou cahier des charges permettant de procéder aux appels d’offres ou à la contractualisation de gré à gré le plus souvent privilégiée par la direction du CNJF.


Le rapport signé par la directrice du CIJF, l’ancienne athlète olympique libanaise Zeina Mina, souligne également que les conditions d’octroi des contrats de construction et de réhabilitation des infrastructures « ne respectent pas l’exigence de transparence inhérente aux grands événements internationaux ».

Bref un chaos financier, mais à qui profite-t-il ? L’heure est grave !

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