”Je ne sais pas qui accepterait que le cours de religion, dans l’église catholique, soit enseigné par un musulman”, F. Ambongo sur sa décision controversée

Le Cardinal Fridolin Ambongo, nouvel archevêque de Kinshasa. Photo Archidiocèse de Kinshasa.

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Réagissant à sa récente nomination par le Pape François au Conseil des Cardinaux dans un entretien avec le site Vaticannews.va, l’archevêque métropolitain de Kinshasa, en République démocratique du Congo, le Cardinal Fridolin Ambongo Besungu est également revenu sur décision controversée née de son rappel selon lequel les enseignants des écoles conventionnées catholiques, surtout au niveau primaire, doivent être catholiques, conformément à la convention signée entre l’Eglise et l’Etat en République Démocratique du Congo.

Il s’étonne des différentes réactions qui s’en sont suivies. Pour lui, toutes ces réactions dénotent clairement du fait de comment on arrive à tout mélanger au Congo,

Ça donne l’impression que nous sommes tombés dans une sorte de médiocrité, où on veut tout ramener au plus petit commun dénominateur.”a dit le Cardinal .

Il rappelle toutefois que, le point de départ de notre prise de position est une convention avec l’Etat depuis 1977, à travers ce que l’on appelle les écoles conventionnées catholiques. Toutes les écoles de l’Etat au Congo sont publiques. Mais, il y en a qui sont conventionnées catholiques, protestantes, kimbanguistes, etc”, Avant d’ajouter,

Il y a aussi des écoles qui sont gérées directement par l’Etat. Nous devons apprendre à prendre au sérieux les parents des élèves. Quand un parent décide d’envoyer son enfant dans une école conventionnée catholique, c’est parce que ce parent a réfléchi, a évalué et est arrivé à la conclusion selon laquelle il veut que son enfant soit éduqué selon les valeurs de telle ou telle convention”.

Pour Ambongo, cette décision favorise les parents qui souhaitent garder les valeurs catholiques en inscrivant leurs enfants aux écoles catholiques ”S’il envoie son enfant chez nous les catholiques, c’est parce qu’il veut que son enfant soit éduqué conformément aux valeurs catholiques. L’enfant qui étudie dans nos écoles catholiques et qui est formé par un musulman, un protestant ou quelqu’un issu des églises de réveil, aura-t-il, au sortir de l’école, les valeurs catholiques auxquelles les parents ont cru et pour lesquelles ils ont envoyé leurs enfants chez nous ?“, s’est-il interrogé.

Il justifie sa prise de position par le souci de ne pas faillir face aux parents qui ont cru aux valeurs catholiques et dit être vraiment déterminé sur cette question. Il insiste qu’il va tenir à leur identité catholique, avant d’appeler chacun à garder son identité.

Si nous nous comportons de cette manière, c’est que nous avons failli devant les parents qui ont cru aux valeurs catholiques. C’est pourquoi, nous avons levé l’option qu’à l’école primaire, où l’enseignant est aussi catéchète, que ce dernier soit aussi de confession catholique, parce qu’un enseignant de l’école primaire enseigne toutes les matières y compris la religion” declare-t-il.

Par ailleurs, il évoque la question du bon sens aux responsables des religions et non croyants ”Je ne sais pas qui accepterait que le cours de religion, dans l’église catholique, soit enseigné par un musulman, par exemple. C’est le bons sens. Et nous sommes vraiment déterminés sur cette question. Nous allons tenir à notre identité catholique”poursuit-il avant de conclure

Mais, cela ne veut pas dire que nous ne voulons pas des autres. Nous sommes des catholiques et nous voulons être des catholiques. Que les protestants soient des protestants et que les musulmans soient des musulmans. Nous allons collaborer avec eux. Mais, chacun doit garder son identité. C’est question de savoir ce que nous voulons. Ou nous sommes des catholiques, ou nous ne le sommes pas.”, a expliqué le Cardinal Fridolin Ambongo Besungu.

Kilikumbi Lusumbasumba Isaac