Ituri/Etat de siège : « Pendant l'état de siège, les groupes armés sont passés de 8 à 11 et les barrières illégales sont passées de 27 à plus de 180 », député Gratien Iracan

Le député national Gratien de Saint Nicolas Iracan. Ph de tiers

Le député national Gratien de Saint Nicolas Iracan, membre de la Commission Défense et Sécurité et élu de l'Ituri a, lors d’une déclaration à la presse, indiqué que le bilan de l’état de siège est moins satisfaisant qu’on le croyait.

Dans une interview bilan, il a révélé qu'avant l'état de siège, la province de l'Ituri comptait 8 groupes armés et en a actuellement 11 ; les effectifs de déplacés internes sont passés de 1 à 2 millions, selon les différents rapports des organisations spécialisées ; les axes routiers fréquentables sont passés de 5 à 1 seul, la nationale n°27 avec des risques tout de même, plus 30 villages incendiés par les groupes armés dans le territoire d'Irumu.

« Nous, nous trouvons que les informations du gouvernement et de l'état-major général de l’armée ne sont pas exactes. Parce que, quand vous comparez à la vraie réalité de terrain, c'est contradictoire. Je donne l'exemple simple de chez moi en Ituri. Dans cette province, quand les opérations ont commencé avec l'état de siège, il y avait plus ou moins 8 groupes armés, mais aujourd'hui, nous sommes en train d'aller vers 11 groupes armés. On m'a parlé de 16, mais, moi j'en ai recensé 11. Il y a des business qui se font parce que finalement chaque groupe trouve qu'en faisant scission on peut avoir les moyens de pouvoir avancer », a-t-il dit à Actualite.cd.

Gratien de Saint Nicolas Iracan a aussi révélé à la même source que non seulement que les barrières illégales de perception d'argent par les FARDC sont passées de 27 à près de 189, mais aussi qu’à certaines de ces barrières, les militaires cohabitent avec les miliciens pour percevoir l’argent.

« Avant l'état de siège, nous avions inventorié en moyenne 27 barrières dans la province de l'Ituri, mais aujourd'hui avec l'état de siège, nous sommes à près de 189 barrières où on trouve les FARDC en train de percevoir l'argent. Si c'était des barrières où on contrôle, on comprendrait, mais là, on perçoit l'argent. Ce qui est grave, on a certaines barrières où vous trouvez nos FARDC avec les groupes armés ensemble en train de percevoir l’argent, ce sont des situations dramatiques », a expliqué l’élu de l’Ituri.

Et d’ajouter :

« Avant l'état de siège, nous avions 5 axes routiers fréquentables au niveau de l'Ituri. Mais aujourd'hui, tous les axes ne sont plus fréquentables sauf un seul, la route nationale 27 qui venait d'être rouverte. Il y a quand même des fréquentations mais avec des risques ».

Notez que la Commission Défense et Sécurité de la Chambre basse du Parlement a entamé les travaux approfondis d’évaluation de l'état de siège en vigueur sur une partie du territoire national, notamment en provinces d'Ituri et du Nord-Kivu. Et ce, plus de quatre-vingt-dix jours après son entrée en vigueur. Le vendredi dernier, la commission a procédé aux auditions du ministre de la Défense et du chef d'état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) qui ont sollicité 48 heures avant de revenir la commission.

Liévin LUZOLO

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *