Insécurité alimentaire : la RDC en pool position mondiale

Vue de la tour SOZACOM à Kinshasa, ©Patrick Félix Abely

le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) a classé la République démocratique du Congo comme premier pays au monde frappé la malnutrition aiguë. Ce bureau des Nations Unies s’est basé sur un rapport conjoint publié par le Programme Alimentaire Mondiale(PAM) et l’organisation des Nations-Unies pour l’agriculture et l’alimentation.

Le pays compte, selon ce rapport, 21,8 millions de personnes affectées par l’insécurité alimentaire aiguë. Les personnes en situation de crise et d’urgence (phases IPC) se trouvent principalement dans les régions affectées par des conflits et mouvements de population et des épidémies.

Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Kasaï Central enregistrent le gros lot des personnes confrontées à l’innsécurité alimentaire élevée.

Toujours selon ce rapport, quatre facteurs déterminants ont occasionné ce triste record, notamment : les conflits, la Covid-19, le déclin économique et les catastrophes naturelles.
L’insécurité et les conflits armés continuent de perturber considérablement les moyens d’existence des populations. Ce qui occasionne ainsi le déplacement des populations soit environ 6,6 millions vivent en situation de déplacement.

Les restrictions dues à la fermeture des frontières suite au coronavirus ont négativement impacté les prix de denrées alimentaires et les ménages en RDC et précisément dans la capitale.

L’économie n’a pas été épargnée. Plusieurs causes ont occasionné le déclin économique, notamment la réduction de la demande d’exportation de minerais, la poursuite de la baisse de revenus issus de taxes, la dépréciation du Franc congolais et la baisse de croissance de PIB.

Les catastrophes naturelles ont également apporter leur part dans l’aggravation de cette situation. Les débordements des lits de plusieurs rivières et cour d’eaux suite aux pluies torrentielles qui ont eu comme conséquence, la destruction des récoltes dans certaines provinces telles que le Sud-Kivu, le Tanganyika, Haut- Lomami et le Haut- Katanga.

Les humanitaires renseigne aussi qu’environ de 4,4 millions de personnes souffrent de malnutrition aiguë, dont 3,4 millions d’enfants de moins de cinq ans. Le taux de prévalence de la malnutrition aiguë globale s’élève à 6,5 pour cent et celui de la malnutrition chronique à 42 pour cent.

Cinq maladies à potentiel épidémique et sous surveillance en RDC ont été épidémiques en 2020: la Covid-19, la maladie à virus Ebola (MVE), la rougeole, le choléra et le paludisme.
La Covid-19, dont le premier cas a été déclaré en RDC en mars 2020, a profondément affecté les moyens d’existence des ménages les plus vulnérables et a exacerbé les risques de protection, en particulier pour les femmes et les filles, précise le document.

Dans la période de juillet à décembre 2020, rapporte le bureau de coordination des affaires humanitaires, sur les 66,6 millions de personnes analysées en RDC, 21,8 millions (33%) sont en insécurité alimentaire élevée. Ce chiffre comprend 5,7 millions de personnes classées dans la phase 4 de l’IPC (urgence). Pour la période projetée (janvier à juin 2021), 19,6 millions de personnes (29% de la population analysée) sont susceptibles d’être en crise (IPC Phase 3) ou pire, dont plus de 4,8 millions de personnes en situation d’urgence (IPC Phase 4).

La RDC abrite l’une des plus grandes populations de personnes déplacées au monde et la plus nombreuse sur le continent africain, soit 5,2 millions de personnes déplacées internes, quelque 1,4 million de personnes retournées ainsi que la plus nombreuse sur le continent africain, soit 527 000 personnes réfugiées et demandeurs d’asile des pays voisins.

Chris Lumbu