Insécurité à Kinshasa: une lettre ouverte adressée au général Sylvano Kasongo

Le général Sylvano Kasongo, chef de la police de Kinshasa. Ph. Enet/Théo L.

Dans une correspondance, adressée au commissaire provincial de la ville province de Kinshasa, libertéplus.net exprime une désolation et fort regret suite à l’insécurité qui se produit ce dernier temps à Kinshasa.

Ci-dessous ladite lettre:

Mon Général, c’est avec regret, amertume et pincement au cœur que la rédaction du média en ligne liberteplus.net vous adresse cette lettre, suite à la situation sécuritaire jugée très volatile à Kinshasa la capitale.

Mon Général, la recrudescence de l’insécurité dans la ville province de Kinshasa inquiète, comme si on revivait l’époque du phénomène désolant “Asumba na nganda”, sous le Président Mobutu ou encore ou du phénomène “Kata-kata”, sous Joseph Kabila.

Les criminels, les Kulunas ainsi que les voleurs qui contribuent à cette situation inquiétante, ne se cachent plus et mènent tranquillement leurs opérations comme dans un terrain conquis. C’est presque chaque nuit à Kinshasa que les hôpitaux, les ménages, les boutiques, etc., sont visités par ces hors-la-loi. Plus pire encore, ces personnes se livrent à des violences sexuelles (ils violents sans pitié des infirmières, des malades et des femmes porteuses de nouveaux bébés dans les maternités). Ils tuent ou bénissent les victimes à l’aide des armes à feu, des machettes et autres armes blanches.

Il sied de signaler que récemment, dans la nuit de lundi à mardi et la nuit de mardi à mercredi, les criminels ont visité les hôpitaux et lieux de commerce dans les arrêts Efo bank et bibua à N’sele, où ils ont aussi grièvement violé les femmes qui venaient d’accoucher. Les habitants des quartiers précités qui nous ont contacté peuvent en dire plus.

Ça ce n’est qu’une partie de l’iceberg, car les criminels à Kinshasa ont inventé une nouvelle méthode: les kidnappings avec de taxis ketch (même si des chèques-point sont inscrits dans la soirée ces derniers jours pour lutter contre l ‘insécurité). Par rapport à cette pratique, notre rédaction a enregistré deux événements.
Le premier, il s’agit de l’histoire d’une dame enlevée au niveau de la quatrième rue limete, il y a deux semaines. Ses bourreaux l’avaient amenée dans un endroit inconnu. Ils l’avaient filmé nue avec des menaces de lui arracher une partie de son sein gauche. Cette vidéo a été ensuite envoyée à son époux à qui les malfrats avaient. demandé 600 $ pour sa libération. Et, a-t-on appris, la victime a été libérée, jetée dans la rue, ce après que son mari avait envoyé la somme demandée sur M-pesa.

Le deuxième événement à eu lieu le mercredi 14 octobre 2020 à 21h. Une autre jeune femme, très belle d’apparence, témoigne un conducteur de taxi-moto à l’un de nos reporters, venait d’être enlevée par un taxi “ketch” de couleur rouge en provenance de Kinkole pendant qu’elle attendait le transport à l’arrêt Bibua. Impuissants, les policiers de Sous-Ciat à côté de la station Bibua ne se sont même déplacés pour sauver la victime. Seuls les conducteurs des motos de ce coin ont recherché sans succès de suivre ce “ketch” qui roulait à vive allure. La question qui taraude les esprits: Mon Général, où se trouve actuellement la jeune femme?

Mon Général, l’insécurité grandissante à Kinshasa pousse les paisibles citoyens à se demander si réellement il y a eu l’alternance dans ce pays, si réellement il y a eu un nouveau pouvoir à la tête du pays. Car, la situation semble être la même après le départ de Joseph Kabila. Des questions qui nous viennent de partout: Comment vous vous sentez lorsque la population dégoûte le nouveau Président parce que la police ville de Kinshasa n’est pas en mesure de lui garantir la sécurité? Ce sont des moyens qui vous manquent ou …? Si oui, avez-vous étudié cette préoccupation à la hiérarchie (à qui)? Sur un refus de répondre à votre préoccupation? Avez-vous déjà soumis un plan concret de redressement du poumon sécuritaire de la ville de Kinshasa aux autorités autorisées?

Ce qui est vrai, c’est que vos stratégies actuelles ont semblé limitées.

La plupart de vos policiers sont devenus des routiers, des roulages, au lieu de s’occuper de la sécurisation de la population. Ils malmènent des conducteurs des véhicules automobiles. C’est aussi là une forme d’insécurité qui ne dit pas son nom.

Mon Général, vous devez privilégier la proximité dans vos démarches, c’est-à-dire aller dans les détails. C’est bien d’arrêter ceux qui détournent l’argent de l’Etat, mais cela n’a pas un impact direct sur la vie du citoyen lambda, qui veut voir par exemple que les petits voleurs des appareils dans les arrêts de bus disparaître, qui veut voir tous les lieux de recueillement des criminels, kulunas et policiers “ujana” sans affectations être démantelés.

Dossier à suivre …