Haut-Katanga : Félix Tshisekedi appelé à s'impliquer en faveur des victimes du massacre de Kilwa (Afrewatch)

L'Observatoire Africain des Ressources naturelles (AFREWATCH), une organisation non gouvernementale des droits de l'homme spécialisée sur les questions des ressources naturelles, invite l'État Congolais à remettre les victimes du massacre de Kilwa dans leur droit selon la décision 393/10 de la Commission Africaine.

Cette ONG a lancé cet appel à l'occasion du 17è anniversaire du massacre de Kilwa un (Haut-Katanga) en 2004 où plus 70 personnes ont été sommairement exécutées par les Forces armées congolaises. Cette organisation de la société civile a tenu à rappeler au gouvernement de la RDC, la décision de la commission Africaine portant sur les Exactions et solliciter une implication personnelle du président de la République et président en exercice de l'Union Africaine pour que les victimes de ce massacre soient reconnues et indemnisées.

 2004, année sombre

En 2004, plus de 70 personnes sont massacrées par les soldats de l'armée congolaise dans la cité de Kilwa(350 Km de Lubumbashi). Après le jugement de la justice militaire qui avait débouté les victimes pour "faute de preuves", ces dernières ont saisi la commission Africaine qui, en 2017, a décidé que la RDC avait violé la Charte africaine suite à ce massacre. Elle a accordé des dommages- intérêts de 4,36 millions de dollars à huit victimes et à leurs familles, la plus haute indemnisation jamais accordée par la commission Africaine.

La décision de la commission Africaine ordonnait aussi à l’État Congolais d'identifier et d'indemniser les autres victimes et leurs familles non parties à la plainte, mais directement touchées par l'attaque, rappelle Afrewatch. La Commission Africaine avait également appelé l’État congolais à ouvrir de nouvelles enquêtes pénales et à prendre les mesures nécessaires pour poursuivre et punir les agents de l'État et le personnel de la société Anvil Mining « impliqués dans les violations de droits de l'homme », précise cette ONG.

L'organe de l'Union africaine avait accordé à la RDC jusqu'au 17 décembre 2017 pour lui informer sur les dispositions arrêtées pour mettre en œuvre les recommandations. L'Observatoire Africain des Ressources Naturelles regrette l'attitude de l'État qui semble plus prêter la moindre attention au dossier.

"Jusqu'à présent, à notre connaissance, aucune mesure n'a été prise" ? s'indigne Afrewatch.

AFREWATCH et 3 autres ONG avaient adressé une lettre au président Félix Tshisekedi pour le mettre au courant de la décision de la Commission Africaine, et l'exhorter d'agir rapidement pour mettre en œuvre cette décision afin de reconnaître et d'indemniser les victimes.

Au cours des 17 dernières années, les victimes du massacre de Kilwa et leurs familles ont mené une campagne inlassable pour obtenir justice. Une des victimes, Dike, qui avait perdu son père et sa jeune sœur lors de la répression d'un petit mouvement rebelle s’exprime :

" Je m'en souviens comme si c'était hier. C'était le 13 que les insurgés avaient attaqué Kilwa. Et le lendemain, les FARDC sont arrivés. Ils ont tiré sur des gens. Mon père a été torturé et la sœur qui était enceinte a été violée par plusieurs militaires", explique-t-il.

Pour Afrewatch, la réparation doit être faite à plusieurs niveaux, explique Richard Mukuna chargé de programme à Afrewatch

" Il doit y avoir réparation car beaucoup des victimes vivent avec ce traumatisme et ne savent pas bien reconstruire leur vie. Et la décision est déjà donnée, il revient à l'État Congolais de l'exécuter."

Et la décision de la commission Africaine a permis la reconnaissance des préjudices subis par les victimes et constitue pour elles un espoir qu'elles puissent reconstruire leur vie bien que certaines victimes sont déjà décédées.

Chris Lumbu

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