Goma : Transformation de produits agricoles, tout savoir sur la nouvelle invention congolaise

Une photo d'une capsuleuse en atelier après peinture.

Pour inventer, il n'est pas question d'être avancé en âge, il suffit seulement d'avoir une idée, passé à l'action après avoir été dérangé par un problème déjà identifié dans la société.

Cédrick Katsuva, âgé de 25 ans, ce jeune de Goma au Nord-Kivu, à l’Est de la République Démocratique du Congo, a inventé sa machine de transformation des produits agricoles.

Et ce, pour mettre en valeur les connaissances apprises, gagner de l’expérience et répondre à ce besoin dans la communauté.

Ci-dessous l'intégralité de l'interview accordée à ElectionNet

ElectionNet (ENET): Parlez-nous brièvement de vous ?

Cédrick Katsuva (CK) : Je suis Cedrick Katsuva, âgé de 25 ans. De formation Mécanique Générale au secondaire et Électromécanique à l’Institut Supérieur. Ayant aussi une formation en Entrepreneuriat et gestion d’entreprises.

ENET : Quelle est votre formation académique

CK : Je fais des études de conception et réalisation/fabrication des machines de conditionnement et de transformation des produits de l’agroalimentaire, agro-pastoral et agro-industrie.

ENET : L'idée d'inventer une machine de transformation des produits agricoles est venue de quel constat ?

CK : Ayant déjà des connaissances sur la fabrication mécanique reçues de l’école , insuffisance des entreprises de fabrication mécanique pour engager des jeunes mécaniciens ingénieurs et un besoin des machines de conditionnement et transformation dans l’agriculture.

L’idée est venue du fait que je n’avais pas de revenu et que les machines étaient importées, pourtant il il y a celles qui peuvent être fabriquées localement.

Ainsi J’ai senti en moi que je devais déjà mettre en valeur mes connaissances pour gagner de l’expérience et répondre à ce besoin dans ma communauté.

ENET : Pour arriver à fabriquer ces machines de la transformation des produits agricoles, ça vous prend combien de temps ?

CK : Pour des petites machines manuelles comme les capsuleuses de bouteilles en verre, éplucheurs d’ananas, leur fabrication prend trois à quatre jours au stade où nous sommes !

Pour des machines motorisées à l’exemple des mélangeurs, des séchoirs, des presses de beurre ou le jus. La fabrication prend vingt-et-un jours comme la production n’est pas encore en série et est artisanale, on peut dire !

ENET : Avec quoi, vous fabriquez ces machines et comment est leur fonctionnement ?

CK : Ayant une liste longue des machines fabriquées et à fabriquer on prendra un seul exemple.
La capsuleuse pour les bouteilles en verre.

Une machine simple et manuelle consistant à mettre des bouchons en aluminium sur des bouteilles en verre. Le bouchon est posé sur la bouteille puis à l’aide d’une tête boucheuse actionnée par un bras de levier on capsule la bouteille. Ce bras de levier est supporté sur une structure métallique à poser sur une table de travail.
La capsuleuse est faite en acier au carbone !

ENET : Pour l'avoir, combien faut-il ?

CK : 60 dollars américains

ENET : Quelles sont tes perspectives ?

CK : La perspective à venir est de monter une usine de fabrication mécanique de ces machines en série pour répondre efficacement au besoin des machines de l’agro-alimentaire, agro-pastoral et agro-industrie sur le territoire congolais et l’Afrique centrale.

ENET : Quelle lecture faites-vous sur l'entrepreneuriat à Goma ?

CK : L’entrepreneuriat dans la ville de Goma est très prometteur, vu que les jeunes s’impliquent déjà dans la création des entreprises. Dans 5 ans à venir Goma sera la Silicon Valley de la RDCONGO

ENET : Quel message allez-vous à donner à ces autres jeunes qui ont des idées, mais ne font rien avec comme prétexte qu'ils n'ont pas des moyens ?

CK : Chers jeunes, vous qui avez des idées entrepreneuriales , faites le premier pas en commençant par mettre une réalisation mignature de vos produits ou services auprès des bénéficiaires avant même la rédaction des plans d’affaires et études du marché.

Seule la pratique guide cette rédaction et incite un investisseur pour risquer dans ton projet sans qu’il ne te demande ton niveau d’étude, mais plutôt t’encourage à multiplier ce que tu as déjà fait à très petite échelle !

Ce qu’on rédige dans le plan d’affaires est souvent idéal et on ne peut le réaliser à plus de 50% avant la réalisation du prototype à montrer aux derniers bénéficiaires !

Les moyens sont là, mais gardons les pieds sur terre et la tête au ciel pour commencer juste avec la forme la plus minable que possible. Car on dit si on a 1000 pas à faire on commence toujours par 1 seul pas. Les jeunes se plaignent des moyens par ce qu’ils veulent commencer avec 500 pas déjà !

Propos recueillis par Prince Bagheni à Goma

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *