Goma/ Marche : Forces Vives et Mouvements Citoyens exigent la libération des manifestants

Quelques étudiants en pleine manifestation à Goma/ ENET/ Prince Bagheni

C'est à travers un communiqué de presse publié ce mardi, 21 décembre à Goma que ce collectif a dévoilé sa position vis-à-vis de la situation qui a prévalu dans la ville volcanique.

Ci-dessous, l'intégralité du communiqué envoyé à election-net.com

DECLARATION N° 007/12/MV-CIT FV NK/2021 PORTANT RÉACTION DU COLLECTIF
DES FORCES VIVES ET DES MOUVEMENTS CITOYENS DE GOMA

C'est avec indignation que le Collectif des mouvements (Forces vives de Goma) a appris des menaces
d'arrestation proférées par les autorités de l'état de siège à l'encontre de ses membres au sujet de l'organisation de la journée ville-morte, d’hier lundi 20 décembre 2021. Dans leur point de presse tenu en la même date, le porte-parole du Gouverneur Militaire du Nord-Kivu, le Général Sylvain EKENGE a dit : « les organisateurs de la manifestation de ce jour seront traqués et subiront la rigueur de la loi».

Le Collectif rappelle utilement aux autorités qu'il n'a organisé qu’une ville morte et jamais une manifestation.

Seule, la population indignée dans sa globalité en a profité pour créer des manifestations populaires dans plusieurs quartiers de la ville afin d’exprimer son opposition non seulement contre l'entrée des policiers
rwandais sur le sol congolais tel qu'annoncé par l'ambassadeur du Rwanda accredidité à Kinshasa sur les ondes de la VOA. Plusieurs sources ont confirmé la signature à Kigali entre la Police Nationale Congolaise et
la Police Nationale Rwandaise.

Cette population manifestée également contre la recrudescence de l'insécurité à Goma (tueries, assassinats, braquages, phénomène 40 voleurs, etc.)

Le collectif déplore le manque de professionnalisme des services de l'ordre qui a conduit à un bilan macabre
de 5 personnes tuées et plusieurs blessés et arrestations alors que cela pouvait être évité dans la mesure où
les services de l’ordre pourraient collaborer avec les manifestants, et c’est ainsi qu’ils ont l’obligation de fonctionner. Il renvoie toute la responsabilité des incidents d’hier aux seules autorités de l’état de siège qui ont utilisé l’arme de protection comme arme de répression dans les sangs des populations civiles de Goma.
Il présente ses sincères condoléances aux familles des victimes des bavures policières d’hier et salue la
bravoure de la population qui a brisé la peur et exprimer clairement son désaccord avec cette politique qui ne tient pas compte des aspirations du peuple congolais. Il appellera incessamment à d’autres manifestations
pacifiques si ses revendications n’arrivent pas à trouver des réponses appropriées.
Ce qui s'est passé à Goma n'est qu’une conséquence de la politique dictatoriale instaurée par l’état de siège
qui ne vise qu’à étouffer la population lui interdisant de s'exprimer alors que cette dernière ne cesse de
comptabiliser des morts chaque jour dans son camp. L'état de siège ne doit donc pas être un alibi pour ignorer
les revendications de la population et le soumettre dans un état d'asservissement.

Sur ce, le Collectif exige aux autorités de l'état de siège :

  • De présenter des excuses officielles à la population de Goma pour l’avoir farouchement réprimé,
    -De poursuivre, arrêter et juger les auteurs directs et indirects des tirs à balles réelles sur les
    manifestants non violents,
  • De libérer sans condition toutes les personnes arrêtées dans le cadre des manifestations populaires,
  • De cesser les menaces et intimidations d’arrestation aux membres du Collectif.

Le collectif tiendra pour responsable les autorités de l’état de siège s’il y aurait d’éventuelles représailles à
l’égard de ses membres. Toute arrestation d'un membre des forces vives ou d'un militant des mouvements
citoyens telle qu'annoncée par le porte-parole du gouverneur, sera considéré comme une provocation de plus et prendra ainsi en témoin la communauté tant nationale qu'internationale des conséquences qui en
découleraient.

Pour le Collectif, manifester reste un droit inaliénable, il est donc du devoir des autorités d'apprendre à donner
des consignes claires pendant pareils moments pour éviter des casses.

Fait à Goma, le 21 Décembre 2021.

S/é Collectif des mouvements citoyens ainsi que les forces vives de Goma

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