G20 : Félix Tshisekedi, voici l'intégralité du discours

ALLOCUTION DE SEM LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A LA SESSION II
CHANGEMENT CLIMATIQUE ET ENVIRONNEMENT DU SOMMET DU G20

Monsieur le Président du Conseil,
Messieurs les Présidents,
Mesdames et Messieurs les Chefs de Gouvernement,
….
Monsieur le Président,
Le dernier rapport du Groupe d’Experts intergouvernemental sur l’évolution
du Climat (GIEC) publié le 09 août dernier est sans appel : les dérèglements
climatiques récemment relevés sont sans précédent et certains phénomènes
qui en résultent sont malheureusement irréversibles. L’Afrique est le
continent le plus affecté par les effets néfastes du changement climatique qui
impactent sur le développement socio-économique, la paix, la sécurité, la
stabilité, le bien-être des populations et les perspectives d’avenir des
générations futures. Nonobstant cette vulnérabilité exacerbée face aux effets
néfastes du changement climatique, l’Afrique réitère son engagement à
mettre en œuvre l’Accord de Paris, à contribuer à la lutte globale contre le
changement climatique et à contribuer également à la réduction de la
pauvreté.

C’est dans cet ordre d’idées que mon pays mène des actions qui lui
permettront non seulement de restaurer son couvert forestier à 63,5% à
l’horizon 2030, mais aussi de découpler la forêt des secteurs importants de
l’économie nationale dont l’énergie et l’agriculture. Par ailleurs, en plus de
nos forêts naturelles, mon pays travaille pour la restauration des forêts et des
terres dégradées ainsi que la reforestation dans le cadre du programme Jardin
scolaire pour 1 milliard d’arbres d’ici 2023.
C’est ici le lieu que rappeler qu’aujourd’hui les forêts du Bassin du Congo
représentent le premier poumon de la planète, ayant détrôné la forêt
amazonienne sujette à des sécheresses et des épisodes massifs de
dépérissement qui ont fait baisser sa capacité de séquestration d’un tiers en
vingt ans. Par contraste, la situation de relative altitude -- 200 mètres audessus du niveau de la mer -- a protégé les forêts africaines avec des
températures inférieures de 1,1 °C en moyenne à celles de l’Amazonie. Les
forêts africaines ont ainsi un cycle de vie plus lent et le carbone y reste piégé
une quinzaine d’années supplémentaires avant que ne surviennent la mortalité
des arbres.

Monsieur le Président,
Une transition énergétique juste demeure cruciale pour les pays en
développement et particulièrement pour propulser l'industrialisation de
l'Afrique. Aujourd’hui, l’Afrique abonde de sources d’énergies renouvelables
et de matières premières nécessaires à la fabrication des outils technologiques
de transition énergétique de notre planète.
Pour soutenir le programme de transformation économique du continent et
répondre à la demande d’énergie croissante, l’Afrique doit relever trois (3)
défis majeurs : mobiliser suffisamment d’investissements, gérer la
dépendance croissante à l’égard des importations, atténuer l’impact
environnemental de la production et de la consommation énergétique. De même, mon pays a pris l’option de la valorisation de son immense mix
énergétique renouvelable, dont l’hydroélectricité, le solaire photovoltaïque,
la biomasse, la géothermie et l’exploitation de ses gisements gaziers.
A ce sujet, la République Démocratique du Congo est également désireuse de
contribuer à l’Agenda 2063 de l’Union Africaine à travers la mise en œuvre du
projet Grand Inga. En effet, le développement du barrage d'Inga devrait
permettre de générer 43.200 MW d'électricité pour soutenir les pools
énergétiques régionaux afin de sortir l'Afrique des sources d'énergie
traditionnelles et l’emmener vers les sources modernes, de garantir l'accès de
tous les Africains à une électricité propre et abordable et de permettre le
déploiement d’une industrie verte sur le continent. Ce projet pourrait
également s’avérer bénéfique pour une partie de l’Europe et du Moyen Orient.
Dans le cadre d’une transition énergétique juste, nous invitons les membres
du G20 et la communauté des partenaires du développement à accompagner
l’Union Africaine dans le sens de la mise en œuvre du projet du Grand Inga.
Et en même temps, nous vous invitons à investir dans les projets d’énergie
renouvelables qui permettront à l’Afrique de réaliser son potentiel
énergétique durable.
Par ailleurs, il est impérieux d’accélérer l’action solidaire et concertée
d’atténuation d’effets climatiques au cours de la décennie en cours, afin de
maintenir à 1,5 degrés la hausse de température à atteindre, conformément
à l’objectif de l’accord de Paris. A titre d’exemple, la République
Démocratique du Congo, mon pays, œuvre avec diligence à promouvoir
l’exploitation durable de ses réserves en ses minerais stratégiques, tels le
cobalt et le lithium, essentiels à la transition énergétique et à la
décarbonisation du secteur des transports.
Monsieur le Président,
Il est important que les pays présentent des contributions déterminées au
niveau national (CDN) plus ambitieuses en les alignant sur l’objectif de
température définit par l’accord de Paris, ainsi que sur des stratégies de long
terme et sobres carbone dans le but d’atteindre la neutralité carbone d’ici

  1. Pour sa part, mon pays la République Démocratique du Congo vient de
    procéder à la révision de sa Contribution Déterminée au niveau Nationale
    (CDN), la faisant passer de 17% à 21% de réduction de gaz à effet de serre à
    l’horizon 2030, comprenant aussi bien des actions d’atténuation que
    d’adaptation. Cette révision à la hausse de notre niveau d’ambition prend en
    compte la préservation de la biodiversité, des tourbières, ainsi que d’autres
    secteurs additionnels émetteurs tels que l’énergie, les déchets et le transport
    multimodal.
    L’adaptation et l’atténuation doivent être renforcées car ce sont les deux
    faces d’une même pièce de monnaie. L’Afrique soutient une accélération de
    l’action vers l’objectif mondial d’adaptation. La définition des objectifs
    permettra une plus grande action en matière d’adaptation ainsi que la
    mobilisation d’un financement accru en faveur de celle-ci.
    Et, concernant le financement climatique, l’atteinte de l’objectif des 100
    milliards de dollars par an devra probablement être revue car l’inaction coûte
    déjà plus cher à l’humanité.
    Enfin, Il est également important d’envisager des pourparlers ouvert et
    constructifs autour du nouvel objectif collectif financier dès la COP26 de
    Glasgow, afin d’aligner la cohérence des flux financiers sur les objectifs de
    l’Accord de Paris ; et de permettre l’accès des pays vulnérables aux
    financements climatiques concessionnels.

  2. Monsieur le Président, je vous remercie pour votre aimable attention.

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