Environnement : la dégradation des milieux naturels se poursuit

La dégradation des milieux naturels, Ph. Tiers

Aborder la question de l’environnement, dans le cadre de réflexions sur la place de l’État africain dans le développement économique et social, peut étonner en raison du caractère faiblement déterminant de celui-ci dans les prises de décision politique.

Il se trouve également qu’une opinion publique sensible aux questions environnementales n’est pas réellement constituée, à l’exception de quelques cercles en milieu urbain en liaison souvent avec les ONG (Organisation Non Gouvernementale) intéressées par le problème ; cette situation traduit la portée politique sociale limitée du débat écologique en Afrique alors qu’il agite des sphères influentes et nombreuses dans la plupart des pays développés.

"Une autre remarque vient donner plus de poids à l’observation précédente ; il apparaît en effet que l’environnement n’est pas perçu comme un patrimoine, une ressource chiffrable, dans l’esprit de beaucoup de responsables et du public. Un tel contexte se prête évidemment mal à l’affirmation d’une nécessité de sa protection ainsi que de sa reconstitution dans la mesure où les ressources financières exigées par de telles actions peuvent difficilement être justifiées au regard des autres urgences plus pressantes ressenties aux plans économique et social. La conséquence de telles attitudes est révélée par la tendance à la marginalisation des questions environnementales à la fois par le public, préoccupé par les situations de survie quotidienne, et l’État, soucieux de mobiliser les ressources que nécessite l’exécution de sa politique économique" explique l'environnementaliste monsieur Paul Ndiaye.

Pourtant, dit-il, l’environnement n’est ni neutre, ni ignoré complètement. De façon consciente ou non, il se trouve toujours évoqué et revendiqué par les Responsables au niveau de l’État pour justifier les échecs enregistrés sur le plan économique, ou pour légitimer des nouvelles orientations politiques présentant soit des répercussions sociales peu acceptables pour les populations, soit susceptibles d’entraîner leur adhésion." On aboutit /ainsi à une utilisation de l’environnement comme un alibi pour éluder les problèmes. Les développements qui suivent s’attachent à faire la rétrospective, sur trente ans, du contexte environnemental dans lequel a baigné le Sénégal" a-t-il déclaré.

A l'en croire, le contexte environnemental dans lequel a évolué le Sénégal depuis trois décennies est marqué par un impact déterminant des facteurs climatiques, à fluctuations erratiques, qui ont affecté les conditions de fonctionnement de tous les écosystèmes terrestres ou aquatiques.

De 1960 à 1968, la situation pluviométrique est caractérisée par des précipitations à peu près normales en quantité et dans leur distribution saisonnière ; on observe même dans les zones septentrionales du pays des moyennes décennales de 15 à 25 % supérieures à la normale trentenaire (1931-1960) de ces régions sahéliennes.Partir de 1968-1971, une tendance inverse est amorcée ; elle se traduit par un déficit pluviométrique quasi permanent qui fait craindre le démarrage d’un processus de désertification. Certaines années comme 1972, 1973, 1983 et 1984 se caractérisent par des conditions sévères avec des déficits prononcés de l’ordre de 40 à 60 % par rapport aux valeurs normales dans le nord du pays et de 30 à 35 % dans la partie sud. 

Selon lui, les fluctuations pluviométriques inter-annuelles montrent donc des /p. 139/ écarts à la normale tels que les records à la baisse sont largement dépassés pour la période couvrant les cinquante dernières années ; à cet égard, la décennie 1971-1980 est révélatrice de l’ampleur du processus : les déficits s’élèvent à près de 60 % de la normale dans tout le tiers nord du pays. Cette situation, qui traduit une évolution régressive des conditions générales, aboutit à une extension vers le sud de la zone sahélienne tient-il à préciser.

 Mapote Gaye

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