Dossier Bakata Katanga: Asbl Justicia interpelle Félix Tshisekedi sur la commission d'enquête

L'Asbl Justicia basée à Lubumbashi dans la province du Haut Katanga se dite inquiète au sujet de la commission d'enquête instituée par le chef de l'État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo pur étudier le dossier Bakata Katanga qui a endeuillé les populations des provinces du Haut Katanga et du Lualaba le 28 mars dernier.

Dans ce communiqué publié le 5 avril dont une copie est parvenue à election-net.com, Justicia redoute l'impartialité de la commission qui serait composée essentiellement des personnalités impliquées directement ou indirectement dans ce dossier.

L'Asbl demande au président de la République de veiller aux conclusions qui seront produites et l'exhorte à monter une nouvelle commission plus neutre pour connaître ces faits.

Ci-dessous, l'intégralité du communiqué de presse

COMMUNIQUE DE PRESSE N°004/JUST/2020
RDC, Lubumbashi, 05 Avril 2020, JUSTICIA Asbl, une organisation de promotion et de protection des de l’homme et du droit international humanitaire basée en République
démocratique du Congo, exprime ses vives inquiétudes au sujet de la composition ainsi que de
la mission de la commission mise en place par le Président de la république sur les événements
survenus dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba en date du 28 mars 2020.

En effet, ce samedi 04 avril 2020, près de 80 personnes ont effectué le déplacement de Kinshasa vers Lubumbashi à bord d’un vol spécial affrété par le gouvernement congolais pour mener des investigations sur les événements ayant endeuillé les villes de Lubumbashi, Likasi et les cités
de Kasumbalesa, Kakanda et Pweto dans le Haut-Katanga ainsi que Bunkeya dans le Lualaba.

Dans son communiqué de presse datant du 29 mars 2020, JUSTICIA Asbl demandait au Président de la République d’une part de mettre en place une commission d’enquête
indépendante chargée d’élucider le mystère caché autour de l’activisme de Gédéon KYUNGU
MUTANGA et d’autres parts de dégager les responsabilités dans les exécutions sommaires et
extrajudiciaires de plus de 30 personnes dans les provinces susdites ainsi que l’usage excessif et disproportionné de la force par les troupes de la Police Nationale Congolaise et FARDC.

Tout en saluant la volonté manifeste des autorités gouvernementales de mettre un terme à cette spirale des violences qui endeuillent la province du Haut-Katanga depuis bientôt 20 ans et au
regard de cette pléthore des membres de la commission d’enquête, de sa composition et de sa
mission non connue jusque-là, JUSTICIA Asbl craint que cette commission ne rende pas son
travail en toute neutralité, impartialité et efficacité.

Il est fort à parier que non seulement des
boucs émissaires pourraient être désignés en lieu et place des véritables commanditaires mais
également, la question de la recrudescence de l’insécurité et de l’activisme des miliciens dans
le Haut-Katanga ne soit traitée avec parcimonie.

Pour JUSTICIA Asbl, cette commission devrait être indépendante, en ce qu’elle devrait être composée des personnalités n’ayant aucune responsabilité directe ou indirecte avec les évènements du 28 mars 2020 moins encore avec l’activisme du seigneur de guerre Gédéon
KYUNGU MUTANGA.

Pour s’en convaincre, il suffit de constater que certains membres de la commission ont toujours été désignés comme ayant soutenu et manipulé ce seigneur de guerre dans l’exploitation des minerais des cassitérites ou de positionnement politique par chantage.

Aussi, des sources concordantes attestent que parmi les membres de la commission se trouveraient des personnalités ayant facilité l’exfiltration de Gédéon KYUNGU MUTANGA de la Ville de Lubumbashi tout comme celles ayant donné des ordres aux éléments de la police
et de l’armée pour procéder à ces exécutions sommaires et extrajudiciaires des personnes qui
défilaient soit avec des armes légères, soit avec des armes blanches, soit encore sans aucune
arme.

JUSTICIA Asbl espère enfin que le Gouvernement de la République a pris toutes les mesures qui s’imposent pour éviter que parmi les membres de la très pléthorique délégation ne se trouve des personnes affectées par le Covid-19.

Vu ce qui précède JUSTICIA Asbl recommande :
Au Président de la République, Chef de l’Etat :

  • De rester vigilant sur les conclusions qui seraient rendues par une commission aussi impartiale et au besoin de mettre en place une nouvelle commission composée des
    personnalités politiques et de la société civile en vue de leur neutralité et impartialité ;
  • De s’assurer que la justice sera rendue aux victimes des évènements du 28 mars 2020 ainsi que ceux pour lesquels Gédéon KYUNGU MUTANGA a fait l’objet des
    poursuites et de condamnation ;
  • De s’investir pour une publication à court terme des conclusions du travail qui sera assurée par la commission d'enquête.

Justicia Asbl