Diplomatie/Onu : Ces trois raisons qui coincent la candidature gabonaise au conseil de sécurité

Conseil de sécurité de l'ONU. Ph de tiers.

Le dossier de la candidature de la République Démocratique du Congo au poste de membre non permanent du conseil de sécurité de l’ONU continue à défrayer la chronique notamment depuis la protestation du Gabon également candidat à ce poste pour le compte de l’Afrique centrale. Les analyses vont dans tous les sens pour décrypter cette tension diplomatique entre les deux pays après celle née autour du footballeur Guelord Kanga.

Zénon Mukongo Ngay, rapporteur du Panel présidentiel de l’Union africaine, membre de la commission de la République démocratique du Congo pour le Conseil de sécurité des Nations Unies et ancien ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République démocratique du Congo auprès de l’Office des Nations Unies à New York et à Genève explique les motivations de la candidature congolaise au conseil de sécurité de l’ONU s’étend également sur la question dans une interview accordée à la presse dont nous vous proposons l’intégralité.

Question 1. Pourquoi la République démocratique du Congo postule concurremment avec le Gabon ?

  1. La République démocratique du Congo ne postule pas concurremment avec le Gabon.
  2. Elle est un Etat souverain, membre de l’Organisation des Nations Unies depuis son accession à l’indépendance le 30 juin 1960. En tant quel tel, elle n’a pas seulement l’obligation de contribuer financièrement aux charges de l’Organisation universelle.
  3. Elle a également le droit, comme tout autre Etat membre des Nations Unies de postuler aux différents organes de l’organisation universelle.
  4. Par conséquent, il n’ y a pas concurrence, chaque Etat membre de l’ONU étant libre de faire acte de candidature.
  5. Il y a plutôt concomitance.
  6. Une concomitance qui s’explique à trois niveaux :
  7. Géographiquement, les deux pays appartiennent à la sous-région de l’Afrique centrale ;
  8. En vertu du principe de la rotation cher, à l’Union Africaine et au système des Nations Unies, c’est le tour de l’Afrique centrale de présenter des candidats au poste de membre non-permanent du Conseil de sécurité pour 2022 – 2023 et chaque état de la région a la liberté de se porter candidat.
  9. Dans le cas d’espèce, trois Etats de la sous-région à savoir, la RDC, le Tchad et le Gabon se sont portés candidats.
  10. Le Tchad s’étant retiré au profit de la République démocratique du Congo qui est avec le Gabon restés dans la course.

Question 2. Est-il possible aujourd’hui de dégager une candidature commune ?

  1. Vous voulez dire une candidature unique pour l’Afrique centrale ?
  2. C’est possible si on respecte les principes qui régissent la gestion des candidatures au sein de l’Union africaine et du système des Nations unies.
  3. Le premier principe c’est le critère de non réélection qui veut que dans l’hypothèse où les candidats en lice ont déjà siégé dans un comité donné, la priorité sera accordée au candidat qui ne demande pas une réélection immédiate ou à celui dont le mandat a expiré le premier.
  4. Dans l’espèce sous examen, les deux Etats au poste de membre non permanent du Conseil de sécurité pour la sous-région de l’Afrique centrale ont siégé à ce poste respectivement :
  5. De 1990 – 1991 pour la République démocratique du Congo et de 2010 – 2011 pour le Gabon.
  6. Son mandat ayant expiré depuis 1991, la République démocratique du Congo est qualifiée à solliciter sa réélection après trente ans d’absence.
  7. Le deuxième critère est celui de non cumul qui reconnait la priorité au pays qui n’est pas membre d’un certain nombre d’organes des Nations unies. Le Gabon cumule actuellement comme membre à la fois au Conseil Economique et Social (ECOSOC) et au Conseil des droits de l’homme (CDH), ce qui le disqualifie au profit de la RDC
  8. Le troisième critère est celui du délai de soumission qui plaide largement en faveur de la candidature de la RDC.
  9. Selon ce critère, la priorité est donnée au candidat qui a soumis sa candidature avant ou avant la date limite indiquée.
  10. Dans le cas d’espèce, l’ordre de dépôt est le suivant : pour la République démocratique du Congo c’est le 2 octobre 2019 et pour le Gabon, c’était le 17 décembre 2020, soit une année et deux mois après le dépôt de la candidature de la République démocratique du Congo.
  11. Comme on le constate, les trois principes encrés dans le Directives de l’Union Africaine sur les candidatures plaident largement en faveur de la candidature de la République démocratique du Congo.

Question 3. Un arrangement avec le Gabon est-il possible ?

  1. Les pays n’ont que des intérêts.
  2. A ce titre, il est toujours possible que les deux Etats qui appartiennent à la même sous-région se fassent des concessions mutuelles en considérations des futures opportunités.
  3. Une première tentative infructueuse a eu lieu dans le cadre de la tripartite entre les chefs d’Etats décrétée lors de la 34e session de la Conférence des Chefs d’Etats et de gouvernements en février 2021.

Question 4. Que répondez-vous à ceux qui disent que la candidature de la République démocratique du Congo a été déposée en retard ?

  1. Bien au contraire, la République démocratique du Congo a été le premier pays, de tous les trois autres Etats de l’Afrique centrale à déposer sa candidature pour ce poste le 2 octobre 2019, soit une année et deux mois avant le Gabon (17 décembre 2020) et le Tchad (10 décembre 2020).

Question 5. Aujourd’hui la candidature a été régulièrement reprise ?

  1. La question semble quelque peu mal posée.
  2. Candidature reprise sous-entend qu’elle était soit perdue, soit abandonnée ?
  3. Il n’en est pas question.
  4. La République démocratique du Congo ne s’est jamais retirée, elle est restée en lice depuis le 2 octobre 2019.
  5. Quel intérêt pour la République démocratique du Congo de postuler aujourd’hui et non pas le mandat prochain ?
  6. La République démocratique du Congo joue un rôle géostratégique important pour le maintien de la paix et la sécurité internationales.
  7. Elle a donc vocation de peser sur le destin du monde avec ses richesses et sa population.
  8. Mais c’est depuis 1991 qu’elle n’a plus siégé comme membre non permanent du Conseil de sécurité.
  9. Après trente ans d’absence sur l’échiquier international, la République démocratique du Congo voudrait tenter une nouvelle expérience au Conseil de sécurité sur son quota de la Sous-région de l’Afrique centrale, quota dont les autres pays de la sous-région se sont servis sans opposition aucune, de sa part, au nom de la rotation régionale.
  10. Le moment est le plus qu’indiqué.

N.B. L’histoire de la diplomatie et des relations internationales retiendra que sous le leadership du Président de la République démocratique du Congo SEM Félix Antoine Tshisekedi, Chef de l’Etat son pays avait recouvert sa place dans le concert des nations civilisées en ayant la Présidence de l’Union Africaine et surtout en accédant au firmament de la gestion des affaires du monde comme membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies.

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