Crédibilité des élections en RDC: Voici ce que propose une structure citoyenne

Cyprien Wetshi, Président de l'ASBL les amis de Wetshi/photo Isaac K./ Enet

En perspective des joutes électorales de 2023 qui pointent à l'horizon, les initiatives visant à assurer la vérité des urnes se multiplient en République Démocratique du Congo (RDC).

Alors que les organisations de la société civile et quelques formations politiques maintiennent la pression sur le régime en place pour obtenir la dépolitisation de la Commission Électorale Nationale Indépendante, CENI, chargée d'organiser les élections, une structure dénommée "les amis de Wetshi", propose quant à elle la création d'un corps national des témoins pour la crédibilité des élections.

Cette structure citoyenne a présenté sa proposition dans une conférence-débat animée ce samedi 14 juillet, dans la salle Saint-Joseph à Kindu, chef-lieu de la province du Maniema.

Selon Cyprien Wetshi, auteur de cette idée défendue par cette structure qui porte son nom, les différentes crises de légitimité qu'a connu la RDC ont pour cause, le manque du contrôle des élections par des témoins. Car selon lui, les partis politiques ne couvrent pas tous les différents bureaux de vote.

"Aujourd'hui nous sommes là pour sensibiliser le peuple Congolais concernant la proposition de loi Malumalu-Wetshi portant contrôle des élections et vérité des urnes. Les élections n'ont jamais été contrôlées en RDC, parce qu'en 2006, 2011 et 2018 on a toujours eu des crises de légitimité et nous, depuis 2005 nous avons suivi le processus électoral et nous avons remarqué que les responsables de cette crise de légitimité en République Démocratique du Congo, ce sont les partis politiques. Mais contrairement, on sait que c'est la CENI qui triche alors que la CENI organise les élections sans surveillance ", a-t-il déclaré.

C'est ainsi qu'il en appelle à une sensibilisation de la population Congolaise sur deux articles de la loi électorale, qui définissent le témoin et l'observateur électoral.

"La solution préconisée est que le peuple Congolais doit être sensibilisé en ce qui concerne deux articles : l'article 37 et 42 de la loi électorale. L'article 37 défini le témoin, et l'article 42 l'observateur… Par exemple la CENCO, a le statut d'un observateur et n'a pas droit d'avoir un PV, seul le témoin peut avoir le PV, et le PV c'est le seul document judiciaire qu'on peut présenter à la Cour constitutionnelle. Or, dans le système électoral Congolais, on a demandé à la CENI d'organiser les élections, et le contrôle on a donné aux partis politiques par l'intermédiaire des témoins. Les témoins demandent de l'argent pour contrôler la CENI, et les partis politiques n'ont pas des possibilités financières pour payer les témoins. C'est la raison pour laquelle la CENI organise des élections sans témoins", a-t-il déploré.

Il propose cependant la révision de l'article 37 de la même loi électorale, qu'il considère comme "un piège".

"le piège qui a été tendu à notre loi électorale c'est l'article 38… il dit que : "les témoins sont à la charge de ceux qui les ont mandaté". Il faut changer cette phrase. Il faut dire que les témoins envoyés par les coordinations que nous proposons(dans sa proposition de loi Ndlr), doivent être pris en charge par l'État Congolais", a-t-il martelé.

Pour lui, cet article 38 de la loi électorale est porte bonheur de la communauté internationale, et porte malheur de la RDC.

"Porte malheur pour la RDC, parcequ'il y a deux poids, deux mesures. On a confié l'organisation des élections et on a donné des moyens à la CENI, et on a donné le contrôle au parti politique sans moyens. C'est ça le piège, et on sait qu'un parti politique doit envoyer, payer 75.000 témoins, c'est pratiquement impossible", a-t-il expliqué.

Kilikumbi Lusumbasumba Isaac depuis Kindu

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