Avancée de la mer : une lancinante question au Sénégal

Le maire de saint-louis mansour faye, macky sall et macron à la plage de saint-louis une ancienne capitale de l'aof. Ph. Tiers

L’avancée de la mer est un des problèmes auxquels sont confrontés des citoyens sénégalais résidant entre Bargny ou Guet Ndar (Saint-Louis). Pour en savoir plus, nous sommes descendus sur les lieux pour constater de visu les faits qui désolent.

Le littoral sénégalais est un espace fortement vulnérable à l’érosion et aux inondations en raison du faible dénivelé et de la nature fragile des systèmes côtiers, essentiellement sableux ou boisés de mangroves. Bien que la région côtière du Sénégal ait été habitée depuis des siècles, voir des millénaires (Chauveau, 1986), et que les royaumes du Siné et du Saloum ou la ville de Joal remontent au moyen âge, l’occupation du territoire a considérablement évolué dans le passé récent. La zone côtière sénégalaise est devenue un espace particulièrement attractif sur le plan économique, démographique et social depuis seulement quelques décennies. Ce phénomène est fortement lié aux différentes crises écologiques et économiques que le pays a connu des années 1960 à la période actuelle.

Saint-Louis : la mer impose sa loi

Saint-Louis est l’ancienne capitale de l’Afrique occidentale française se trouvant à 275 kilomètres de la capitale. Une ville attractive à cause de son visage, construite par les colons. Malheureusement, la mer hante le sommeil du quartier Guet Ndar, un lieu très populaire dont il est difficile même de se frayer un chemin en marchant dans la rue. Dans ce quartier, les habitants vivent une tourmente totale à cause d’une avancée de la mer. Il est localisé sur la langue de barbarie avec à côté une barrière naturelle entre le fleuve Sénégal et l’océan Atlantique. « Je suis fatigué avec ma famille. Je ne peux aller nulle part, parce que je n’ai pas les moyens d’évacuer ma famille » explique M.Fall un père de famille que nous avons rencontré non loin d’une boite de nuit dénommée la chaumière, complètement détruite à cause de la mer. A l’en croire dans ses explications, les vagues sont puissantes que personne ne peut tenir.  « Le phénomène de l’avancée de la mer nous fatigue et nous ne bénéficions d’aucun soutien » rétorque un pêcheur parlant sous l’anonymat. Selon lui, le mûr ne peut plus tenir la mer, parce que, dit-il, la mer est puissante. De retour, nous nous sommes rendus aussi à Bargny et, l’on trouve aussi le même décor. La brèche hante le sommeil de milliers de personnes qui élisent domicile. « Notre vie a changé et nous vivons dur » renseigne le pêcheur Lansana Bâ. Il parle avec amertume à travers notre micro pour dénoncer leur mauvaise assistance. Il ne reçoit que des promesses sans solution. Pour Fatou Diallo vendeuse de poisson, elle demande d’urgence une solution pour les populations de Bargny. Un autre pêcheur nous interpelle sans pour autant qu’on lui demande son avis. Selon lui, il faut une solide infrastructure solide. Pour lutter contre l’avancée de la mer, l’Etat doit prendre des mesures susceptibles. Plusieurs digues et villages au centre du pays ont été détruits par les vagues. Aussi, faut-il rappeler, qu’un déficit pluviométrique majeur avait frappé durant les années 1970-1980 l’Afrique de l’Ouest. Mieux, les politiques doivent arrêter le discours pour aller vers l’essentiel en aidant les populations qui souffrent péniblement.

 Dire la vérité aux populations

Lors de sa récente visite du Sénégal en février 2018, le président français Emmanuel Macron avait annoncé un soutien de quinze millions d’euros pour financer la construction de cette digue contre l’érosion côtière à Saint-Louis. Le coût global du projet est estimé à 27 milliards de FCFA ; la construction de la digue est cofinancée par la France et la Banque Mondiale. Malgré tout, les problèmes sont toujours là et les populations environnantes de cette localité sont plus que fatiguées ; elles ne bénéficient d’aucun soutien. Il leur faut des mesures conséquentes et objectives. Pour dire vrai, la mer a fait beaucoup de dégâts dans cette localité. Des maisons sont détruites, emportant des biens d’autrui, tuant même des personnes. Donc, c’est une affaire très sérieuse qui nécessite une solution rapide. Elle ne peut attendre. Devant une telle situation, il y’a urgence de déplacer immédiatement les populations pour mener un travail convenable. Difficile d’entamer un travail au moment où les populations élisent domicile. On ne peut pas arrêter la mer avec ses bras. Les populations aussi ne peuvent pas habiter n’importe comment dans les zones de mer sans aucune protection. Dans ce cas de figure, l’Etat en endosse l’entière responsabilité. Tenir un langage de vérité avec les populations ; ne pas surtout se baser aux campagnes politiques pour en tenir des promesses dont on n’est pas en mesure de respecter. Les populations habitant à côté de la mer ne savent plus quoi faire ; elles n’ont plus de repère. Parce que ne sachant plus où aller. Fréquenter même ses lieux laisse un mauvais décor. Le visage est triste ! Sonnons l’alerte pour aider ses populations qui vivent à côté de la mer. L’avancée de la mer est terrible. La seule solution efficace : c’est le sérieux d’abord pour solutionner le mal qui perdure.

Mapote Gaye

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *