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Il est toujours considéré comme étant le Chef d'orchestre des activités parlementaires dans la province du Sankuru.

Anatole Dilomba, Vice-président de l'organe délibérant a préféré livrer à election-net.com, sa lecture de la situation politique qui prévaut dans sa province.

En exclusivité, le numéro deux du parlement provincial fait savoir que le Gouverneur «déchu», Joseph Stéphane Mukumadi était mis en accusations pour offense aux députés et usurpation des prérogatives de ces derniers pour son propre compte avant d'inviter ce dernier à présenter ses moyens de défense à la Justice.

Dans cette interview ci-dessous, il nous parle aussi de la folle journée de l'aéroport de Ndolo prélude à l'ultime séance plénière de «destitution».

ENET : Bonjour Monsieur Anatole Dilomba ! Vous êtes Vice-président de l'Assemblée Provinciale du Sankuru, votre province est secouée par une crise politique et institutionnelle sans précédente. Très loin de Lusambo, que peut-on comprendre de cette situation?

Anatole Dilomba(AD): La situation politique dans ma province du Sankuru est calme sauf pour ceux qui veulent empêcher les Députés provinciaux d'exercer leurs prérogatives constitutionnelles. A ceux-là, nous leur disons de faire le leur. Cela étant dit, je vous affirme qu'il n'y a pas en soi une crise politique et institutionnelle au Sankuru. Le Gouverneur MUKUMADI a été mis en accusation par l'Assemblée Provinciale pour deux motifs: outrage à l'Assemblée et usurpation des fonctions ou mieux des pouvoirs de l'Assemblée. Donc, c'est légal et je ne connais pas une certaine crise institutionnelle au Sankuru. Toutefois, je comprends la déception de certains partisans du Gouverneur qui croyaient que ce dernier allait bien travailler et apporter un changement dans la province, mais le pays se gère en respectant sa constitution et ses lois. Que tu sois expert en développement ou financièrement nanti, tu dois respecter les instruments juridiques du pays; ce qui n'est pas le cas avec notre Gouverneur malheureusement.

ENET : Vous aviez annoncé la destitution du Gouverneur Mukumadi alors que ce dernier n'a pu même avoir le temps de défendre son programme d'actions, comment expliquez-vous cette «acharnement» contre Joseph Mukumadi comme disent certains?

AD : S'il n'a pas pu avoir le temps de défendre son programme, qui lui en a empêché ? Est-ce l'Assemblée Provinciale qui est responsable ? Non cher frère, ce sont des prétextes que le Gouverneur a utilisé pour narguer impunément notre institution. Tenez, le calendrier de la session prévoyait le discours-programme et investiture des ministres du 15 octobre au 16 novembre. Le Gouverneur est venu déposer son discours-programme le 21 novembre (5 jours de retard). Ainsi, nous avons toléré et lui avait notifié pour qu'il vienne le défendre le 23 novembre. Le 23, il quitte Lusambo pour Kinshasa sur invitation du Directeur du Cabinet du VPM, (Vice Premier Ministre) de l'intérieur sans même prendre soins de nous écrire. Il faudra préciser qu'il était invité avec le President de notre institution pour des motifs non valables. Non valables parce que c'est lui le Gouverneur qui a donné l'information à ses amis qui sont des collaborateurs du VPM qu'Il y aurait ma destitution au cas ou vous me laisser défendre mon programme devant l'Assemblée ce jour. Pour preuve, le Vice-ministre de l'intérieur était sur place à Kinshasa mais ne reconnait pas cette invitation, son titulaire étant en dehors de Kinshasa. Allez-y comprendre celà ?
Qu'à cela ne tienne, la Communauté Akutshu Anamongo s'est jetée dans les affaires de l'Etat pour calmer les députés et les deux invités se sont convenus de regagner Lusambo pour auditionner le discours et investir le gouvernement. Pour autant, le Gouverneur nous enverra un courrier sollicitant pour une seconde fois une plénière selon notre disponibilité. Ce que nous avons accepté en fixant la plénière pour le 28 décembre car la session allait prendre fin le 30 décembre. A notre grande surprise, ni le Gouverneur ni son adjoint et ses ministres, personne ne s'est présenté devant la représentation provinciale. Prenons l'hypothèse selon laquelle le Gouverneur n'était pas présent à Lusambo. Mais en vertu du principe de la continuité des services publics de l'Etat, le Vice-Gouverneur et les ministres ne pouvaient-ils pas se presenter et défendre leur programme pourtant déposé il y a plus d'un mois? Ou même solliciter un report de 24h?
En plus le Président de l'Assemblée et les députés présents en ce moment là à Kinshasa avaient pris soins de le convier à une réunion qui a duré plus de 5 heures. Après réunion, il a promis à ceux-là qu'il sera le matin à Ndolo pour prendre le vol ensemble; ce qui n'a pas été le cas car le Gouverneur s'est retranché dans son hôtel sans donner suite aux Députés qui l'ont attendu jusqu'à 11h 30 pour embarquer.
Donc, il n' y a pas acharnement contre notre frère Gouverneur MUKUMADI. Les affaires de l'Etat doivent être gérées avec beaucoup de responsabilités.

ENET: C'est pour la deuxième fois que le départ du Gouverneur était annoncé avec fracas sans que ce dernier puisse effectivement quitter ses fonctions, pensez vous que cette fois c'est la «bonne»?

AD: Cette fois-ci est la meilleure. Pour la première fois, nous avons sollicité sa volonté de démissionner de lui-même mais il a préféré jouer au malin sans vraiment être malin et surtout s'amender. Il a préféré engager un bras de fer avec l'Assemblée. Il a même tenté de nous empêcher à siéger en utilisant les forces de l'ordre. C'est très grave. Maintenant qu'il est mis en accusation, il n'a qu'à se présenter devant la Cour de cassation pour présenter ses moyens de défense.

ENET : Plus manifestations sont prévues samedi prochain pour ou contre Joseph Mukumadi, redoutez vous les conséquences néfastes pour votre province considérée comme étant l'une des plus reculées du pays?

AD: Ceux qui pensent que c'est par la violence qu'il faut recourir pour justifier ses déboires, n'ont pas raison. Aussi, il ne faut pas qu'on brandisse la pauvreté de notre province pour laisser s'instaurer l'anarchie et le gangstérisme à la tête de la Province du Sankuru.

ENET : Que serait, à votre avis, la solution à la crise?

AD :A mon avis, la solution c'est la justice et non la rue.

Propos recueillis par José-Junior Owawa.

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