Mongolie : ces messages du pape François envoyés à la Russie et à la Chine

Pape François. Ph de tiers


Le pape François a achevé, lundi 4 septembre sa visite en Mongolie, pays d'Asie centrale enclavé entre la Russie et la Chine. Alors qu’il a rencontré des membres de la très modeste communauté catholique locale, qui représente moins de 1 500 personnes, le souverain pontife a semblé vouloir avant tout envoyer un message aux deux puissances majeures de la région, Moscou et Pékin.

« Je voudrais profiter de votre présence pour saluer chaleureusement le noble peuple chinois… Et je demande aux catholiques chinois d'être de bons chrétiens et de bons citoyens. » En s’adressant directement aux Chinois à l’issue de la messe qu’il a présidée dimanche à Oulan-Bator, le pape François a confirmé que ce voyage apostolique en Mongolie avait aussi pour objectif d’envoyer des messages au grand voisin.

Beaucoup de catholiques chinois avaient fait le voyage, mais sont restés très discrets, car la pratique religieuse est compliquée en Chine. Dès son arrivée en Mongolie, vendredi, le pape avait adressé un message au président chinois et à nouveau, en clôture de son déplacement, François a affirmé que les gouvernements n'avaient rien à craindre de l'Église catholique, car celle-ci « n’a pas d’agenda politique à poursuivre ».

Message à destination de la Chine, bien sûr. Il a également appelé les catholiques chinois à être de bons citoyens. Selon Michel Chambon, théologien, anthropologue, spécialiste des catholiques en Asie et membre de l'Asia Research Instute de Singapour, le pape « insiste – lui et son prédécesseur – pour dire que les catholiques ne sont pas un danger pour le gouvernement chinois. Le Saint-Siège n’arrête pas de le répéter et de le marteler, et néanmoins, l’attitude de la Chine reste très hésitante, voire méfiante ».

« Donc le pape vient se poser à la porte de la Chine, vraiment à quelques centaines de kilomètres de la capitale chinoise, et alors que le Saint-Siège lui-même avait gardé l’équilibre, disant bien que ce voyage n’était pas un voyage par procuration vers la Russie ou vers la Chine, que c’était un voyage vers et avec les Mongols. Là, ce soir, en appelant devant deux évêques et cardinaux de Hong Kong et en parlant explicitement du peuple chinois et de la place des catholiques en Chine, c’est clair qu’il a mis un orteil ou la moitié d’un pied en Chine. Il a envoyé un message très clair : si la Chine n’a pas entendu, le pape vient de lui crier "je vous aime et n’ayez pas peur des catholiques". »

Mais au-delà de la Chine, le souverain pontife a également envoyé un message à l’autre grand voisin de la Mongolie : la Russie. Pour l’expert, lorsqu’il aborde le thème de la paix et de la « dénucléarisation », le pape François envoie un « clin d’œil aussi bien à la Russie, qui a menacé d’en utiliser, mais aussi aux États-Unis qui sont les grands détenteurs d’armes nucléaires dans la planète ».

Alors, le seul qu’on puisse discerner, à mon avis, est l’union faite samedi lors du discours de l’autorité civile de Mongolie aux efforts que la Mongolie a joués et continue de jouer en faveur de la paix et de la dénucléarisation. Cela est un clin d’œil aussi bien à la Russie, qui a menacé d’en utiliser, mais aussi aux États-Unis qui sont les grands détenteurs d’armes nucléaires dans la planète. Après sa visite au Japon en 2019, le pape a fait changer la doctrine de l’Église catholique, qui maintenant condamne la possession d’armes nucléaires.

 Avec RFI

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