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Le député national du FCC, Front Commun pour le Congo, François Nzekuye dénonce l'immixtion du Président Félix Tshisekedi Tshilombo dans les affaires relevant du fonctionnement des chambres parlementaires congolaises via son ordonnance prolongeant l'état d'urgence sanitaire décrété, dans un premier temps, le 24 mars dernier en suite le 19 avril courant afin de lutter contre la pandémie du coronavirus en République Démocratique du Congo.

Dans une déclaration faite, le 21 avril à Kinshasa, l'élu appelle le chef de l'État, à corriger ce qu'il paraît comme une erreur matérielle contenue dans son ordonnance en évitant de chercher à empiéter les activités parlementaires.

Membre de la coalition FCC-CACH à la tête du pays depuis le 24 janvier 2019, François Nzekuye préconise en outre la convocation d'une séance d'évaluation de l'accord de cogestion du pouvoir signé entre les deux plateformes respectives afin d'une gestion harmonieuse du pays.

Ci-dessous, l'intégralité de la déclaration parvenue à election-net.com

DECLARATION DE LHONORABLE FRANCOIS NZEKUYE, DEPUTE NATIONAL, SECRETAIRE NATIONAL DU PPRD ET PORTE PAROLE SUR LA LIMITATION DES MATIERES A TRAITER PAR LE PARLEMENT A LOCCASION DE LA DEMANDE DAUTORISATION DE PROROGATION DE LETAT DURGENCE PAR LE CHEF DE LETAT CE 19 AVRIL 2020

Nous avons suivi au journal de 20 h de la RTNC, la lecture de lordonnance du chef de l'Etat demandant lautorisation de l'Assemblée nationale et du sénat en vue de proroger l'Etat durgence sanitaire.

Conscients, de la propagation de la pandémie du Covid-19 dans notre pays, les parlementaires sommes prêts à autoriser le Président de la République, en tout cas en ce qui concerne les députés et sénateurs membres du FCC de proroger l'état durgence.

Cependant, nous pensons qu'une erreur matérielle s'est glissée dans lordonnance demandant la prorogation de l'état durgence, parce que nous ne voulons pas croire à un acte intentionnel tendant au non respect de la séparation des pouvoirs entre le parlement et l'exécutif. Rappelons-nous qu'en situation nécessitant linstauration de l'état durgence, la constitution à son article 144 al. 2 dispose que l'assemblée nationale et le sénat se réunissent alors de prêt droit. Dautre part, l'état durgence n'empêche pas le fonctionnement dautres institutions, le gouvernement et les cours et tribunaux de travailler normalement, moyennant le respect des mesures sanitaires. Restreindre, les prérogatives constitutionnelles du Parlement est un acte grave et nous conseillons au Président de la République de ne pas emprunter ce sentier qui risque de le conduire vers des dérives dictatoriales, qu'il a affirmé heureusement, ne pas être prêt à suivre, il y a quelques mois devant les congolais de l'étranger.

La République démocratique du Congo a besoin de manière particulière de voir son parlement fonctionner normalement pour doter le gouvernement des textes de lois pour accélérer les reformes, mais aussi pour répondre aux urgences concernant la lutte contre le coronavirus, raison dêtre de l'état durgence. Il sagit notamment des autorisations de ratification des accords de dons et de prêts que divers partenaires multilatéraux et bilatéraux ont signés avec notre gouvernement. Sans plénière pour autoriser la ratification, le gouvernement se prive des moyens importants dont le pays a besoin de manière urgente.

Est-il normal que durant toute une session ordinaire, prévue par la constitution à son article 115, le parlement nuse d'aucun moyen de contrôle parlementaire sans que des mandataires publics de mauvaise foi nabusent de leurs pouvoirs pour détourner les deniers publics ou que les parlementaires revenus de vacances parlementaires ne fassent entendre les préoccupations de leurs électeurs aux mandataires publics ?

Il ne se passe un mois depuis linvestiture du Président de la République et linstallation des deux chambres du parlement, sans quil quil ny ait des pommes de discorde entre le FCC et CACH son partenaire, sans parler des disputes au sein du CACH.

En tant député, membre de la coalition FCC-CACH, j'appelle à une réunion de clarification de l'état de l'accord pour en évaluer le bénéfice mutuel. Nous avons espérés, du coté FCC, que la meilleure manière de gérer le pays dans une situation où le CACH a gagné l'élection présidentielle sans disposer dune majorité parlementaire et où le FCC dispose de la majorité parlementaire tant au niveau national que provincial sans avoir gagné l'élection présidentielle, était de former une coalition. Une année et demie après, il y a lieu de s'interroger sur la sincérité des uns et des autres sur la volonté de cheminer ensemble, au moins jusqu'à la fin du mandat et den tirer les conséquences qui simposent, dans lintérêt de la République.

François Nzekuye, Député National

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