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Le soleil s'est en fin couché sur l'interminable journée du 28 Février 2020 à Kinshasa. Une journée riche en rebondissements autour du général Delphin Kahimbi, chef d'état-major adjoint chargé du renseignement suspendu la veille de ses fonctions.

La troisième personnalité des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) étaient attendue ce vendredi par le Conseil National de Sécurité suite à une information judiciaire ouverte à son encontre. Le Haut officier des FARDC n'est finalement jamais arrivé à son rendez-vous pour la troisième audition. L'opinion aura de ses nouvelles en début d'après-midi : " il n'est plus", "il s'est donné la mort" alertent des lanceurs d'opinion.

Telle une traînée de poudre,la nouvelle se répand vite, très vite sur les réseaux. C'est la confusion. Aucune source officielle ne donne l'information. Mais sa famille le confirme, il est mort de suite d'un arrêt cardiaque depuis 8 heures du matin à son domicile. Et son corps a été acheminé à la morgue de l'hôpital du cinquantenaire sur "ordre de l'auditeur supérieur " indique encore sa famille.

"Il a fait une surdose(overdose) des produits très étranges qui ont eu raison de sa santé" renseigne une source sur place. La nouvelle ouvre place à toutes sortes de spéculations sur les raisons de cette mort brusque et tragique. L'homme n'est pas n'importe qui.

Un stratège silencieux s'en va…

Troisième personnalité de l'armée derrière Éric Mbala et (Salumu) Tango for, le général Delphin Kahimbi est moins connu du public par rapport à ses pairs. Mais le magazine Panafricain Jeune Afrique l'a toujours présenté comme " une pièce maîtresse de la DEMIAP, l’agence de Renseignements militaires en RDC". "Il faisait partie de la dernière ceinture de l'ancien président de la République Joseph Kabila Kabange. Voilà pourquoi sa tête était mise à prix par l'administration américaine" renseigne une source militaire

C'est en 2006 qu'il surgit dans l’Est du pays, où il est commandant adjoint de la 8ème Région militaire. En 2008, il passe commandant en second de l’armée congolaise dans le Nord-Kivu et à la tête du commandement opérationnel des zones de Kiwanja and Rutshuru. il dirige les opérations contre le groupe rebelle Congrès national pour la défense du peuple (CNDP).

Après une longue période de silence, le général Delphin Kahimbi ressurgit en 2014.Il est coordinateur du processus de pré-désarmement, démobilisation et réintégration des ex-combattants. Mais c’est plus récemment, en tant que chef des renseignements militaires. Une période des relations tumultueuses entre Kinshasa et les chancelleries occidentales. Il n'échappe pas aux sanctions américaines et européennes contre des personnalités civiles et militaires du régime Kabila.

Le 12 décembre 2016, quand l’Union européenne annonce des sanctions ciblées à l’encontre de neuf hauts responsables congolais qui ont joué un rôle clé dans la répression au cours des deux dernières années. Général Delphin Kahimbi est du nombre.

L’UE accuse par ailleurs ces personnalités, et donc le Général Kahimbi, de faire « obstacle à une sortie de crise consensuelle et pacifique en vue de la tenue d’élections en RDC, notamment par des actes de violence, de répression ou d’incitation à la violence, ou des actions portant atteinte à l’état de droit ».

Les États-Unis accusent, de leurs côtés, le général Delphin Kahimbi de détournement des fonds et de corruptions, sans omettre des exactions contre des populations de l'Est. Ils ont d'ailleurs été le premier pays a salué la suspension de ses fonctions de chef d'état-major adjoint en charge des renseignements militaires.

Après sa prise du pouvoir, à l'issue de la première alternance pacifique, Félix Tshisekedi le conserve à son poste dans une nouvelle mise en place au sein de l’armée. Jusqu'à la semaine dernière où le général Delphin Kahimbi est convoqué à Kinshasa avant d'être suspendu de ses fonctions la veille de son décès

Suicide ou assassinat?

Plusieurs sources concordantes évoquent la piste d'un suicide. Dans la foulée, certaines sources font état d'un désarmement musclé de sa garde rapprochée jeudi soir avant qu'il ne soit retrouvé mort ce vendredi matin.

Cette thèse ne passe pas du tout dans le camp du Front Commun pour le Congo qui soupçonne un meurtre téléguidé par l'extérieur.

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