Afrique : le Mali prépare ses trains à hydrogène

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Si l’Europe se fait le chef de file de la transition écologique, l’Afrique a une vraie carte à jouer avec l’hydrogène naturel. Cette ressource totalement vertueuse est exploitée depuis plus de sept ans par la compagnie Hydroma. Son PDG et fondateur Aliou Boubacar Diallo est aujourd’hui reconnu comme le pionnier mondial de cette filière.

Jusqu'ici perçue comme une belle idée théorique, la mobilité ferroviaire à hydrogène commence à prendre forme dans le monde entier. En France, le plan hydrogène, annoncé par le gouvernement en septembre 2020 l’intègre parmi ses objectifs. Le lundi 6 septembre, le tout premier à l’hydrogène a roulé en France au cours d’une démonstration effectuée au centre d’essais ferroviaires d’Alstom à Petite-Forêt, dans la banlieue de Valenciennes (Nord).

En Allemagne, deux trains à hydrogène sont déjà en circulation depuis 2018. La première économie européenne a aussi présenté, en juin dernier, un plan pour devenir numéro Un de l’hydrogène vert.

C’est pourquoi, l’entrepreneur malien n’a surtout pas abandonné son rêve ultime, celui de construire et mettre en circulation un train à hydrogène au Mali.

Aliou Boubacar Diallo y travaille depuis quelques années. Ce pays fait aujourd’hui partie de l’un des plus avancés au monde dans l’exploitation de cette ressource. Mais, là-bas, il s’agit de l’hydrogène naturel qui est totalement propre, contrairement à l’hydrogène (vert) responsable du gaspillage d’énormes quantités d’eau. La production de l’hydrogène naturel n’émet aucun gaz à effet de serre : il n’en sort que de l’eau. De plus, elle est moins chère.

Hydroma, la compagnie d’exploration et d’exploitation de gaz naturel créée par Aliou Diallo, transforme avec succès l’hydrogènenaturel en électricité verte depuis 2012, près du village de Bourakébougou (Mali). Cette année, elle a annoncé qu’elle lancera bientôt la production à grande échelle. Pour exporter sa future production, la société planche sur la construction d’un pipeline de plusieurs milliers de kilomètres.

« Nous avons programmé de faire un pipeline pour transporter l’hydrogène naturel du Mali au Sénégal, à la Mauritanie, au Maroc, jusqu’à la porte de l’Europe. Donc ça fait 4700 kilomètres. Ce n’est pas un rêve, c’est une réalisation tout à fait faisable », a récemment indiqué Aliou Diallo.

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