30 juin 2021 : chasser les bons élèves du néocolonialisme ! (Tribune)

célébration officielle de la fête de l’indépendance. Nous sommes invités à passer la journée dans la méditation. Nous, à la CNA, avons planché sur le thème du néocolonialisme, qui est la continuation, après une indépendance de façade, de l’exploitation des ressources du pays par un peuple étranger dit colonisateur.

La guerre de l’est est une guerre du néocolonialisme et elle ne peut se gagner que si l’on s’attaque au néocolonialisme lui-même. Notre grande erreur a été de croire que ce sont nos dirigeants qui doivent le faire. Or, ils ne le peuvent pas, tout simplement parce qu’ils sont tous enfants du néocolonialisme, de KasaVubu à Tshisekedi, en passant par Mobutu et les deux Kabila.

Ils ont tous été pris dans ce piège parce qu’ils ont cru, comme beaucoup, que le pouvoir s’obtient en Europe et en Amérique, d’où ces accords qu’ils signent en vue d’arriver au pouvoir. Qu’il s’agisse de l’accord de Kingakati entre Tshisekedi et Kabila, de l’accord de Lemera entre Laurent-Désiré Kabila et le pouvoir tutsi de l’AFDL, ou l’accord de Fayulu avec ceux qui lui ont donné les moyens de la campagne à l’américaine, il s’agit tous d’accords à fond économique au profit de puissances étrangères d’abord, et non du peuple congolais.

Le peuple congolais doit avoir bien à l’esprit que tant que ses dirigeants seront ceux adoubés d’abord par l’Occident, sa situation ne changera pas. La cruelle démonstration en a été faite lorsque les peuples de Beni, Butembo, Nord-Kivu réclamaient le départ de la MONUSCO, aucun politicien n’a fait écho à leur demande, ni Tshisekedi, ni Fayulu, ni Katumbi, ni les élus… parce qu’ils sont avant tout les bons élèves de ceux qui donnent le pouvoir. Ceci est une vérité fondamentale et l’ignorer signifie échouer d’avance dans toute tentative de libération.

La solution c’est que le peuple se cherche des dirigeants à tous niveaux, (président de la république, élus nationaux, provinciaux et locaux) qui ne doivent leur arrivée aux affaires qu’au seul peuple.

Mission impossible diront certains. Faux, rétorquons-nous avec force. Le néocolonialisme n’a pris pied que parce que le peuple n’a pas osé faire sa part de révolte. Le néocolonialisme opère en séparant le peuple de ses élites (politiciens, société civile …) et en faisant croire au peuple qu’il est trop faible pour s’opposer.

Dès lors, le peuple ne s’organise même pas, vaincu d’avance par des mythes tels qu’il faut beaucoup d’argent pour affronter les élections (faux), que si les Occidentaux ne vous adoubent pas vous ne pouvez pas (faux), que si vous vous opposez on va vous tuer (faux). Au contraire, il est extrêmement facile de renverser le système politique des néocolonialistes ; il suffit de … s’asseoir et réfléchir. Seule la paresse mentale et le déficit de confiance en soi nous plombent. En ce 30 juin maussade de 2021, la Conscience nationale en action (CNA) nous invite à réfléchir sur comment opérer le grand changement en 2023, avec ou sans CENI politisée, avec ou sans argent. Avec ou sans machine à voter. C’est très facile !

Kimikambo Gontcho

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