100 jours de Félix Tshisekedi : Joseph Kabila, l'ombrageux prédécesseur?

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L'activiste de droit de l'homme, Jean-Claude Katenge, comme la plupart des membres de l'élite congolaise a fait la lecture des 100 jours de Félix Antoine Tshisekedi à la tête de la République Démocratique du Congo.

Dans une tribune envoyée à Election-net.com, le président de l'Association africaine pour la défense des droits humains (Assadho) constate que l'activisme politique de Joseph Kabila Kabange étouffe les efforts de son successeur qui peine à s'affirmer avec sa propre identité politique.

 

Cette situation unique dans l'histoire politique moderne pousse l'avocat à demander à l'ancien président congolais à s'effacer afin de permettre au locataire du Palais de la nation de définir sa politique grâce au prochain gouvernement. Ci-dessous, l'intégralité de la tribune.

«Ce que l’ancien Président Joseph KABILA a fait dans les 100 jours du Président Félix » Tout le monde s’intéresse à évaluer ce que le Président Félix a fait durant ses 100 jours aux commandes de la République Démocratique du Congo.

Je me suis décidé d’évaluer à ce que l’ancien Président Joseph KABILA a fait pendant cette même période.

1. Trop de visibilité Quand un ancien Président passe le relais à un nouveau Président, il se met en retrait de la vie politique pour un temps ou pour toujours. Dans les 100 jours de gouvernance du nouveau Président, l’ancien se fait discret. Il laisse à l’autre le temps d’affermir son administration et sa politique. Il ne peut intervenir que si la nouvelle administration fait des dérapages qui violent la constitution ou qui s’expose la nation à un danger imminent. Telle est la pratique dans beaucoup de pays où la passation civilisée du pouvoir a eu lieu. L’ancien Président Joseph KABILA a fait le contraire. Il est toujours présent et très médiatisé au point que certains congolais ont l’impression qu’il y a deux présidents au Congo. Les deux visites qu’il a rendues au nouveau Président ont été largement médiatisées. Pour moi, ces visites pour harmoniser ou régler certaines questions politiques devraient être discrètes. Elles ont été trop médiatisées mais sans résultats visibles. Cette grande visibilité ne permet pas au nouveau Président d’affermir sa légitimité auprès des populations congolaises. Il ne faut pas que les acteurs politiques prennent ce que l’ancien Président KABILA a fait pendant les 100 jours de gouvernance du Président Félix comme un modèle. Quand vous passez le pouvoir un nouveau Président, la règle est de prendre un peu de retrait par rapport à la vie publique. Quand le Président Félix passera le relais à un autre président en 2023 ou en 2028, il devra agir autrement.

2. L’activisme politique de l’ancien Président donne des arguments aux opposants contre le nouveau Président Une grande partie d’arguments utilisés par l’opposition contre le nouveau Président viennent du fait que l’ancien Président intervient trop et de manière visible dans la vie politique. Son activisme donne l’impression que le nouveau Président dépend de lui pour agir. Ce qui donne l’impression qu’il a toujours la main mise sur l’appareil de l’Etat.

3. Il laisse son épouse faire des interventions publiques sur les questions politiques. La réserve ou la discrétion exigée de l’ancien Président pendant les débuts du nouveau Président est aussi exigée de son épouse. J’étais étonnée de voir que Madame Olive LEMBE a fait aussi le bilan de 100 jours de gouvernance du Président Félix en donnant mêmes de leçons inappropriées au successeur de son mari. Du jamais vu ! Pendant les 100 jours de gouvernance du Président Félix, l’ancien Président a joué un rôle plus négatif que constructif.

Le Président Félix est appelé à agir autrement le jour où il passera les symboles du pouvoir à quelqu’un d’autre en 2023 ou 2028. Je fais cette évaluation pour l’avenir, il ne faut pas que les mêmes erreurs reviennent dans la gestion du pouvoir politique au Congo. Je me dois de féliciter le Président Félix pour sa capacité à supporter cet activisme politique de l’ancien président. Jusqu’où tiendra-t-il le coup ? Partageons ce message pour que chacun tire de leçon. Kinshasa, le 05 mai 2019

Me Jean Claude

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